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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 14:38
Comme la tarification à l'activité est critiquée, des mesures technocratiques sont prises pour répondre aux critiques. C'est ainsi que va être mise en oeuvre une nouvelle classification (car les malades sont classés selon leur maladie et rapportent des sous aux hôpitaux selon leur classe, appelée GHM ou groupe homogène de malades, dans laquelle ils sont mis) prenant soit disant en compte les reproches faits.
Une petite étude m'avait déjà convaincue qu'à travers un aspect très technocratique, suffisamment complexe pour que personne ne cherche à comprendre, des choix politiques étaient faits, pour réduire les dépenses de santé et pour mieux financer des hospitalisations simples, plus fréquentes dans le secteur privé, que des hospitalisations plus couteuses, plus souvent réalisées dans le secteur public.
Des études des dépenses effectuées pour chaque classe de malade ont été faites et l'on trouve, sur un site internet très officiel un référentiel national de coûts. Si cela vous amuse, vous le trouverez en cliquant ici.
Régulièrement paraît au journal officiel les tarifs : ce qui est payé à chaque établissement hospitalier pour chaque malade hospitalisé en fonction de la classe dans laquelle il a été rangé.
La comparaison entre coût et tarif, très fastidieuse, est cependant très instructive. Tous les tarifs (sauf erreur de ma part, ceux en cours actuellement sont dans un arrêté du 27 février 2008) sont inférieurs aux coûts moyens calculés (alors que la dernière échelle de coûts connue date de 2006). On comprend tout de suite que les difficultés des hôpitaux sont obligatoires ! Mais en plus, le coefficient de réduction n'est pas le même pour tous les groupes, d'une manière parfaitement arbitraire, mais qui semble répondre à des choix politiques pour aider le secteur privé.

Juste deux exemples :
- un malade hospitalisé pour l'ablation de la vésicule biliaire entraîne 3550€ de dépenses en moyenne pour l'établissement hospitalier. Il reçoit 3372,08€ soit 95% de ses dépenses. C'est une intervention courante, souvent faite en clinique privée.
- un patient hospitalisé pour une interventions sur un cancer de l’oesophage, de l’estomac ou du duodénum entraîne 12721€ de dépenses. L'hôpital ne recevra que 9385,68€, c'est à dire 74% seulement des frais engagés. Ces malades sont plus souvent hospitalisés dans le secteur public.

J'ai choisi cet exemple aujourd'hui, car un copain m'a récemment raconté que sa femme, hospitalisée pour ce genre d'intervention au CHU de Reims, avait du déboursée 600 ou 800€ de dépassement d'honoraires, non remboursés par sa mutuelle ! Je ne sais plus bien le chiffre, cela m'avait paru tellement astronomique !
La mise en oeuvre de la tarification à l'activité a donc entraîné des difficultés financières dans tous les hôpitaux, mais plus marquées dans les CHU. Elle a sans doute atteint le but politique recherché par ceux qui veulent casser le service public hospitalier avec des plans de restructuration et de réduction de personnels, en particulier à l'AP HP, d'où d'ailleurs la journée d'action d'hier dans les hôpitaux parisiens.
Au prétexte de répondre aux critiques, la tarification va être modifiée : d'après les premières simulations faites par la Fédération Hospitalière de France, ce seront les petits hôpitaux qui seront les perdants des "améliorations".
Après les grands, les petits. Demain ce seront sans doute les moyens !
L'usine à gaz montée autour de la T2A n'est pas la manière de répondre aux besoins de santé, car le fond du problème, c'est que l'enveloppe globale affectée au financement des hôpitaux est une enveloppe fermée et en plus beaucoup trop étroite pour assurer le financement nécessaire aux soins des personnes hospitalisées. Il faut agrandir cette enveloppe et l'ouvrir pour donner une bouffée d'oxygène aux hôpitaux asphyxiés.
Les modifications technocratiques actuelles ne sont qu'une nouvelle manière de répartir la pénurie pour casser les petits hôpitaux après avoir mis en péril les plus gros !

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Published by Michèle Leflon - dans Santé
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