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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 16:36
L'hôpital de Charleville Mézières vient d'adopter un plan de redressement financier avec à la clé des fermetures de lits et des suppressions d'emploi, c'est à dire moins de personnels pour prendre en charge les malades, moins de qualité.
Ce n'est pas un cas isolé, puisque le nouveau mode de financement des hôpitaux publics entraîne la généralisation de ces plans de retour à l'équilibre financier.
La santé, notre bien le plus précieux, n’est pas une marchandise.
La véritable rentabilité d’un hôpital, c’est d’abord assurer sa mission de dispenser des soins de qualité et d’accueillir tous les malades sans restriction.
C'est pourquoi l'initiative a été prise d'organiser une réunion d'information et de débat sur la situation de l'hôpital de Charleville Mézières et des hôpitaux en France avec l'ambition d'amplifier le mouvement de protestation.
Michel Antony, président de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a accepté de venir faire part de son savoir et de son expérience.
Les difficultés hospitalières ne sont pas qu'ardennaises ! Jeudi dernier, une manifestation avait lieu à Reims contre les suppressions d'emploi au CHU : vous pourrez retrouver des photos et pleins de documents sur le site de la section de Reims du PCF en cliquant ici.
Devant le Conseil d'administration de l'hôpital Manchester, j'avais eu l'occasion de discuter avec un conseiller général de droite : "Ce n'est pas la loi HPST qui explique les difficultés financières" m'avait il dit. Certes, et c'est d'ailleurs un reproche majeur fait à cette loi, de ne pas avoir traiter des questions financières (un reproche parmi d'autres, il y en a tant à faire sur cette loi !) mais que l'UMP refuse toute responsabilité dans la situation, voilà un comble ! Car tous les ans, elle vote dans la loi de financement de la sécurité sociale une enveloppe budgétaire pour les hôpitaux, et les règles de financement, tout ce qui étrangle ! Et vous pouvez vérifier : cette année encore, Bérengère Poletti et Jean Luc Warsmann, les députés ardennais UMP, ont voté cette loi et sont donc responsables quoi qu'ils puissent dire de la situation de nos hôpitaux : on trouve les votes sur le site de l'assemblée nationale en cliquant ici.
J'avais envie d'intituler mon article "Insuffisants rénaux, faites vous dialyser à domicile, vous ferez gagner des sous au Directeur de l'Agence Régionale de la Santé." Mais j'ai eu peur que vous preniez cela au second degré, que vous pensiez que le Directeur de l'ARS, faisait campagne pour la dialyse à domicile car il est soucieux de l'argent public.
Figurez vous que pas du tout. C'est sa paie à lui qui est en jeu ! Cette information est très sérieuse, puisque c'est R. Bachelot elle même qui l'a expliqué devant le Sénat et si vous voulez tout savoir sur la rémunération des directeurs d'ARS, cliquez ici pour lire le compte rendu de la séance du 15 novembre du Sénat (il faut faire défiler la page assez loin vers le bas pour trouver cette intervention de la ministre.)
Sans commentaires !
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 17:05
J'ai emprunté mon titre à une intervention de Serge Klopp, cadre de santé en psychiatrie, à un forum de la nuit sécuritaire à Cavaillon le 20 novembre. La nuit sécuritaire, c'est un mouvement en rébellion contre la politique sécuritaire de N. Sarkozy, en particulier contre son discours sur la psychiatrie du 2 décembre 2008. Serge Kopp est par ailleurs responsable des questions de psychiatrie au PCF. Allez lire cette intervention en cliquant ici : l'assèchement des soins par le protocole et les dangers du management par objectif, ce n'est pas qu'en psychiatrie ! Il s'agit en effet d'une véritable évolution visant à transformer le soin en une marchandise, pas uniquement dans la manière dont on le facture, mais aussi dans sa conception même, déshumanisée.
Serge Klopp cite le livre de Patrick Coupechoux : La révolte des opprimés. Je ne peux que vous inviter à lire ce livre, démontant remarquablement les mécanismes des transformations du travail expliquant l'augmentation de la souffrance au travail.
Patrick Coupechoux sera dans les Ardennes le 17 décembre : le syndicat CGT de l'Hôpital de Belair en collaboration avec l'Union Départementale CGT l'a invité à animer une soirée thématique sur la souffrance au travail (Ce sera à 17 h salle Arc en Ciel, rue d'Etion à Charleville). Venez y : ce sera passionnant (et qu'est ce que je regrette d'avoir déjà pris des engagements autres pour ce jeudi soir !).
Assèchement des soins : c'est aussi évidemment en supprimant des soignants et en réduisant les budgets. Le collectif de défense de l'hôpital Manchester a mis en ligne sa pétition : allez donc la signer en cliquant ici.
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 14:29
"Depuis 2004, la rentabilité des cliniques privées du secteur ex-OQN s’est globalement améliorée tandis que celle des établissements publics du secteur ex-DG s’est globalement détériorée."
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est une étude de la très officielle Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques dans un rapport que vous pouvez trouver en cliquant ici.
Et après, on va nous expliquer que c'est pour mieux gérer les hôpitaux !
Ce simple constat doit d'autant plus inciter à changer d'urgence le mode de financement des hôpitaux que l'étude prend en compte une période où le financement à l'activité n'était que partiel ! Depuis cette année, l'activité intervient à 100% dans les budgets hospitaliers, de quoi parfaitement expliquer toutes les difficultés budgétaires !
C'est un tout autre mode de financement des hôpitaux qui est nécessaire, fondé sur les besoins de la population. L'incitation actuelle à augmenter l'activité pour juste équiliber les budgets et garder les personnels relève tout simplement d'une logique déshumanisée : il faudrait en fait que les maladies se répandent pour qu'il y ait plus de gens à traiter !
Mais c'est effectivement la déshumanisation qui est à l'ordre du jour à l'hôpital et si vous voulez savoir comment ce qui est affiché comme étant "la démarche qualité" procède aussi de cette déshumanisation, je vous invite à aller lire Options Santé d'octobre
, le bi-mensuel de l’Union Fédérale des Médecins Ingénieurs Cadres et Techniciens CGT, en cliquant ici. L'article sur l'intensification du travail est remarquable, mais également la dernière page :"L'erreur professionnelle est un accident du travail" et cet article explique très bien comment la mise en place des ordres participe de ce refus de remettre en cause les organisations du travail pour s'en tenir aux responsabilités individuelles.
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 12:00
Le projet de fiscalisation des indemnités d'accidents du travail/maladie professionnelle est un triste témoin des choix gouvernementaux : s'en prendre aux "petits" ! Je vous invite à aller signer la pétition contre la taxation des accidentés du travail en cliquant ici, comme je viens de le faire.
C'est d'ailleurs sur le travail qu'a centré son intervention, dans le débat général du projet de loi de financement de la sécurité sociale, le député communiste des Hauts de Seine, Roland Muzeau. Evidemment, il redit l'opposition des communistes à cette taxation. Je vous invite à aller lire son intervention en cliquant ici.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:10
Le débat annuel à l'Assemblée Nationale sur la loi de financement de la sécurité sociale a commencé. Si cette loi était votée telle quelle, ce serait encore toute une série de mauvaises nouvelles : augmentation du forfait hospitalier, nouveaux déremboursements de médicaments, fiscalisation des indemnités d’accidents du travail...
Vu le nombre de ministres et de secrétaires d'etat venus défendre le texte en introduction au débat de l'Assemblée Nationale, le gouvernement doit se rendre compte que ce texte est fort attaquable !
Le déficit prévu est de 31,5 milliards d’euros et même le rapporteur UMP du texte, Yves Bur, s'est étonné de la « timidité » du gouvernement par rapport à de nouvelles recettes. Mais le gouvernement ne voit que par la diminution des dépenses. Et, croyez moi, Yves Bur, il n'est pas tout blanc ; il a même le culot de proposer un amendement prolongeant d’une journée le délai de carence au-delà duquel l’indemnité journalière est versée aux assurés sociaux en cas d’arrêt maladie. Vous pouvez d'ailleurs aller lire sur ce sujet le communiqué du groupe des sénateurs communistes et républicains en cliquant ici.
Le texte de la loi de financement de la sécurité sociale 2010 est tellement mauvais que les députés communistes ont demandé un renvoi en commission tout en faisant des propositions pour dégager 70 Milliards d'euros de recettes supplémentaires, de quoi à la fois éponger le déficit et revenir sur tous les déremboursements, mettre fin au juteux marché de l'assurance complémentaire qui se développe (à ce sujet, vous pouvez aller lire un article de L'Humanité d'hier en cliquant ici.).
Pour les communistes, comme l'a déclaré Jacqueline Fraysse, député communiste des Hauts de Seine, hier à l'assemblée nationale, " Nous avons également des conceptions différentes de ce que représente la santé pour notre pays. Pour nous, la bonne santé d’une population, comme son éducation, est un investissement pour le présent et l’avenir. Les dépenses de santé ne sont pas un boulet pour notre économie mais, au contraire, une richesse sur le plan humain comme sur le plan économique.
C’est pourquoi nous considérons qu’il faut partir des besoins et adapter les financements, car loin d’être une charge, la protection sociale contribue et participe pleinement au développement économique.
"
L'ensemble de son intervention est trop long pour que je vous la recopie ici, mais je vous l'ai mis sur une page à part que vous pourrez trouver en cliquant ici. Si vous êtes pressés, allez au moins à la fin : il y a toutes les explications sur les financements possibles.
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 01:54
Vendredi matin, j'ai représenté le conseil régional au Conseil d'Administration du GHSA (groupement hospitalier sud Ardenne)
Selon un processus bien mis au point par l'Agence Régionale de l'Hospitalisation, l'hôpital doit présenter un plan de retour à l'équilibre car il aurait un déficit structurel de l'ordre de 1 M d'€ ! Un déficit structurel qui ne peut aller qu'en s'aggravant puisque à activité constante, les recettes devraient baisser dans les années à venir par l'application mécanique de ce que les technocrates au service de la réduction des dépenses de santé appellent le coefficient de transition.
De quoi s'agit il ? Les recettes des hôpitaux sont maintenant essentiellement le résultat de leur activité : c'est ce qu'on appelle la tarification à l'activité. Pour éviter un effondrement brutal des recettes avec la mise en place de la tarification à l'activité, un facteur multiplicateur a été mis en place dans les hôpitaux dont la dotation globale était bien supérieure aux recettes prévues avec la tarification à l'activité. Mais ce facteur, ce coefficient de transition, baisse tous les ans et n'existera plus en 2012. Déjà l'année prochaine c'est de l'ordre de 600 000 euros de moins qui seront disponibles.
Vous allez dire : "il n'y a pas de raisons que certains hôpitaux aient plus que d'autres pour la même activité" . Et si pourtant ! Et vous conviendrez vite que l'isolement de Vouziers, que l'existence de deux sites, que les permanences nécessaires pour prendre en charge les populations malades en urgence sur ce vaste territoire peu peuplé du Sud Ardenne coûtent, mais n'est ce pas là précisément une des raisons structurelles d'un service public : prendre en charge tout le monde quelque soit son lieu d'habitation, rentable ou non.
Mais l'oeil aveugle de l'ARH ne voit pas cela : alors, déjà cette année, on va supprimer 10 emplois. Bien sur, cela ne va pas être des personnels titulaires, mais il y a tellement de salariés contractuels maintenant dans les hôpitaux que c'est simple : on ne renouvellera pas les contrats. Pourtant l'accord s'est manifesté au CA pour dire qu'il n'y avait pas trop de personnel.
Pire, on a appris qu'il faudrait absolument une aide soignante supplémentaire dans le service de soins palliatifs pour que les malades soient simplement correctement pris en charge.
Pourtant les gestionnaires de l'établissement sont contents : la création des soins palliatifs a donné une bouffée d'oxygène à l'hôpital, car, comme c'est politiquement correct de créer des unités de soins palliatifs, c'est bien payé. Cela a permis de boucher certains trous, limiter les déficits dus aux autres services et du coup, même si c'est politiquement correct, les patients n'y sont pas correctement pris en charge, entourés comme il le conviendrait et ce ne sont pas dix suppressions d'emploi qui vont en créer un dans ce service !
Inutile de dire que j'ai voté contre ce plan de retour à l'équilibre, comme d'ailleurs les déléguées syndicales. Malheureusement d'autres espèrent encore séduire l'ARH par leur approbation ou au moins leur abstention. C'est bien ignorer les règles implacables d'un gouvernement qui n'a que faire des problèmes de santé, mais veut surtout éviter les vagues et conseille donc le chantage !
Bientôt devrait être présenté le projet d'établissement, susceptible de faire faire quelques autres économies. Silence et bouche cousue sur ce sujet. Personne n'a mouffeté.
Or j'apprends aujourd'hui que ce projet d'établissement envisage très sérieusement la fermeture de la maternité.
Et les annonces du week end sur les fermetures de bloc opératoire laisse craindre le pire. Des travaux sont engagés à Rethel pour le refaire à neuf ! On n'ose croire que l'ARH aurait osé laisser s'engager ces travaux sans que la perennité du bloc ne soit assurée.
Un dernier mot pour dire que dans un de mes précédents articles (à retrouver en cliquant ici), j'annonçais une réunion concernant l'hôpital de Charleville Mézières. Cette réunion a été un franc succès  et un collectif de défense de l'hôpital se met en place : j'y reviendrai prochainement.
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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 23:24
Une délégation du Conseil d'Administration de l'hôpital de Charleville Mézières a rencontré le directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation mardi.
Si t'es sage t'auras un bonbon !
Si je te pince, si je te pique, si je te brule, tais toi : t'auras un bonbon !

Voilà en quelque sorte le résumé de l'entrevue de mardi.
Comme quasiment tous les hôpitaux en France, l'hôpital de Charleville Mézières est en déficit (on envisage près de 8M € de déficit à la fin de l'année, soit pas loin de 6% du budget) et doit emprunter pour payer ses dépenses courantes (avec les frais bancaires en conséquence !)
Aux réductions drastiques liées à la mise en place de la tarification à l'activité s'ajoutent les travaux de modernisation pour lesquels l'hôpital n'a bénéficié ni du plan hôpital 2007 (dans les Ardennes, il n'avait servi qu'au financement du parking de la polyclinique du Parc !) ni du plan hôpital 2012. Mais sans doute fallait il laisser la pédiatrie dans des préfabriqués ?
Et maintenant le directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation exige un plan de redressement, c'est à dire une baisse des dépenses et cela va essentiellement toucher le personnel avec la fin des contrats des contractuels, le non remplacement des départs à la retraite, avec des conséquences évidentes sur la qualité des soins : le directeur parle de réorganisation des services, mais il s'agit plutôt d'une désorganisation organisée !
Et si l'hôpital fait bien ces coupes sombres, il aura peut être une petite aide financière.
Comme chacun sait, on ne donne qu'aux riches !

Le message est lancé : faites le gros dos, acceptez de détériorer les soins donnés, sinon ...
Ce chantage est inacceptable : c'est prendre en otage la population ardennaise.
Pour leur part, le syndicat CGT du Centre Hospitalier et les élus communistes ont décidé d'informer la population de la situation et de favoriser la mobilisation de tous pour que cet hôpital ait les moyens de fonctionner : ils ont invité des associations, des syndicats et des partis politiques à une réunion le vendredi 23 octobre pour envisager la création d'un collectif de défense de l'hôpital. Si certains ont été oubliés dans les invitations, qu'ils n'hésitent pas à faire signe !
Pour ceux qui ont encore des doutes sur le but recherché avec la tarification à l'activité, les annonces faites pour le projet de loi de finances de la sécurité sociale 2010 sont là pour retirer toute hésitation : la convergence entre tarif du privé et du public va être accélérée - elle sera mise en place pour certains soins dès 2010 - car cela devrait permettre 150 M€ d'économies à la sécurité sociale sur le dos des hôpitaux, le chiffrage étant du gouvernement !
Pourtant, si effectivement la crise impacte la sécurité sociale en baissant les recettes du fait du chômage, des solutions existent pour augmenter les recettes et satisfaire les besoins de la population : il existe actuellement plus de 268 milliards d’euros de revenus financiers des entreprises. En les soumettant au taux actuel de cotisations patronales à l’assurance - maladie (13,1% des salaires), cela représenterait environ 35 milliards d’euros de rentrées pour l'assurance maladie, plus que le déficit !

Et, en ce qui concerne les budgets des hôpitaux, la taxe sur les salaires qui pèse environ 10% de la masse salariale qui représente elle-même environ 70% du budget des établissements, doit être supprimée. Cela ferait une bouffée immédiate d’oxygène pour les hôpitaux publics. On pourrait en rendre une partie à la Sécurité sociale qui est le payeur principal et une autre partie serait affectée au désendettement rapide des hôpitaux. Il est tout de même inadmissible de voir que l’hôpital public rapporte plus d’argent à l’Etat qu’il ne lui en coûte, puisque l'Etat ne finance quasiment rien lui même !

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:28
Arrêtons de pleurer car des solutions seraient possibles pour réduire les inégalités d'accès aux soins selon les teritoires à condition de s'en donner les moyens !
Avant hier, j'ai assisté à la matinée organisée par le CESR de Champagne Ardenne à la foire de Chalons sur le thème : "La santé rencontre le territoire."
Heureusement qu'il y avait une représentante des usagers, car sinon, quel consensus autour du « On fait tout ce qu'on peut, mais on ne peut pas mieux ! » et « vive la loi HPST ! »
Pas une remarque sur la possibilité d'augmenter les dépenses de protection sociale !
Pas de remise en cause du passé, du numérus clausus. Certes, maintenant il faut faire avec le trop petit nombre de personnels de santé formés pour les années à venir, mais l'analyse des raisons du consensus des gouvernements de droite et socialistes sur ce sujet est indispensable pour l'avenir.
Le débat se limite au maintien ou non de la liberté d'installation, mais ne faut il pas rechercher les véritables causes des disparités régionales et intrarégionales de densité des personnels ?
Sans parler d'un certain populisme : « les médecins gagnent bien leur vie ; ils n'ont qu'à faire ce qu'on leur demande ! »
J'ai juste eu la possibilité de dire trois mots sur la protection sociale, alors cela m'a donné envie de vous en dire plus sur les questions de démographie médicale !
Il faudrait effectivement avoir le courage de prendre à bras le corps toutes ces questions, sans tabous !
- la question des rémunérations des médecins n'est sans doute pas à prendre que par le bas (même s'il faut à l'évidence augmenter les salaires de débuts de carrière des médecins salariés, revaloriser le domaine de la prévention, médecine scolaire, médecine du travail ...) et il faut certainement aussi s'intéresser au haut : les dépassements d'honoraires, la rémunération des actes médicaux dans l'hospitalisation privée en plus du tarif de l'hospitalisation. Sur ce dernier point, la politique actuelle est à l'opposé de ce qu'il faudrait, qu'il s'agisse de la convergence des tarifs du privé et du public, qui ignore totalement la question de la rémunération des actes médicaux, pour mieux pénaliser le public ou des volontés de payer des médecins hospitaliers selon les modes du privé, avec les dangers de casse du statut progressiste des praticiens hospitaliers ... et de multiplication des actes inutiles, nocifs pour les malades et les caisses de la sécurité sociale !
- la question des conditions de vie et de travail des personnels. Que ce soit à l'hôpital ou en médecine de ville la pénurie s'autoentretient : la surcharge de travail n'incite pas de nouveaux médecins à venir dans ces zones. Cela suppose donc des mesures énergiques pour casser ce cercle vicieux, mais c'est aussi toute la question du désamènagement du territoire qui est posée, rendant difficiles les conditions de vie dans certains territoires ! Je pense qu'une réduction de la liberté d'installation dans les zones les plus surdotées n'aurait pour effet que de renforcer la présences de médecins et autres personnels de santé dans les zones légèrement moins dotées, mais serait sans effet dans les zones les plus en difficultés !
- la délégation de tâches actuellement assurée par les médecins à d'autres personnels est sans doute nécessaire pour régler les difficultés qui vont s'amplifier dans les années à venir du fait du vieillissement de la population médicale ! Mais cela ne peut être qu'un échec si cela est aussi conçu comme un moyen de diminution des dépenses de santé ! Car cela suppose que la qualification supplémentaire des personnels trouve sa reconnaissance salariale et cela suppose aussi des dépenses de formation !
Je terminerai par une note humoristique (plutôt de l'humour noir) : les intervenants de mardi à Chalons (dont des parlementaires de l'UMP) ont souligné l'intérêt des initiatives des conseils généraux et du conseil régional. Si, comme le souhaite l'UMP, la réforme des collectivités annoncée se traduit par la suppression de la clause de compétence générale des collectivités, cela ne sera plus possible, la santé étant une compétence nationale (et devant le rester).
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 22:50
Début juillet, on apprenait qu'un psychiâtre du Nord se voyait refuser le renouvellement de son poste de chef de service, contre l'avis de ses collègues, par le directeur de l'hôpital où il exerce.
Ce psychiâtre, c'est Pierre Paresys, syndicaliste connu pour son engagement pour la défense des moyens et de l’accessibilité du service public hospitalier, contre la politique du tout sécuritaire en psychiâtrie au détriment des malades.
Vous pouvez d'ailleurs aller lire l'article de L'Humanité du 10 juillet en cliquant ici ou consulter le site de l'Union Syndicale de la Psychiâtrie en cliquant ici.
Ce qu'on lui reproche : faire son métier sans avoir une unique préoccupation en tête : faire faire des économies à son hôpital !
Et sans doute aussi son engagement syndical .... mais cela ne se dit pas !
On pouvait rêver d'une décision prise à la va vite par un directeur autoritaire, tout content des nouveaux pouvoirs affirmés dans la loi Bachelot et espérer un retournement de situation.
Le directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation du Nord Pas de Calais a confirmé cette décision inique fin juillet : il va falloir faire grandir la protestation !!!

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 19:52
Le syndicat CGT de l'hôpital de Sedan vient d'imaginer le mot du président du directoire du centre de convalescence de Sedan en octobre 2019. Avec son accord, je ne résiste pas au plaisir de vous le faire connaître.
Ce qui n'est pas du tout de la fiction, c'est que le service de pédiatrie de cet hôpital est menacé, alors qu'il y a une maternité à Sedan !
« TOUT VA BIEN »
L’activité de notre centre de convalescence est en forte progression.
Depuis que nous avons fermé les services de Médecine, Chirurgie, Obstétrique et la Pédiatrie, restructuré notre Maternité en unité de consultations, cédé nos services logistiques au secteur privé et réduit le Personnel de 60% grâce à la RGPP, nous avons réalisé des économies de fonctionnement considérables. La vente de notre plateau technique et des ses équipements pour l’euro symbolique à la Lyonnaise des Eaux, nous a permis de supprimer les services de garde qui étaient particulièrement onéreux et avec le développement de l’hospitalisation de jour, nous avons pu fermer à 18 heures et en finir avec les équipes de nuit.
Les parts de dividendes que nous reverse « La polyclinique des champs »en contrepartie de l’acquisition à bon prix de nos équipements de pointe , nous permettent de financer les congés annuels des cadres de Direction qui restent les seuls emplois statutaires de l’établissement.
Ainsi, le coût du travail a–t-il considérablement diminué et nos efforts de gestion sont unanimement reconnus par le Directeur de l’Agence Régionale de Santé qui a augmenté de ce fait les primes d’intéressement de Madame la Directrice des soins, des Chefs de pôles , de Monsieur le DRH et de moi même .
Nous devons néanmoins continuer à poursuivre nos efforts. Avec 20 Agents, les 4 étages de soins de suite, restent abusivement en sureffectif et ce malgré la bonne grâce que nous avons mis dans l’organisation de la flexibilité et des flux tendus. Nous pourrions encore améliorer notre chiffre d’affaires en facilitant les redéploiements vers le service d’hospitalisation de jour et en supprimant encore ainsi quelques CDD .
Depuis 2008 , nous ne déclarons plus les accidents du travail grâce à la circulaire du Ministère qui nous en a donné compétence. C’est un grand progrès car nous ne les indemnisons pas non plus : quelle économie ! 
Notre gestion rigoureuse des ressources humaines par la précarisation a permis, au fil du temps, de renouveler sans problème les Agents en mauvais état de santé et les râleurs. La voix des organisations syndicales s’est éteinte en même temps qu’augmentait la précarité, ce n’étaient de toutes façons pas de bons partenaires (surtout la CGT, jamais contente celle là) et nous saluons les Salarié(e)s qui , aujourd’hui, ne revendiquent aucun droit tout en assumant avec conscience leurs devoirs et en se contentant de leur salaire de base !
Les grilles indiciaires ont été supprimées au nom de l’équité, tout le petit personnel est rémunéré au 1° et unique échelon de leurs grades… Finies les guéguerres des commissions paritaires qui n’ont par conséquent plus lieu d’exister !
Par bonheur , il n’y aura plus jamais d’élections CAP/CTE dans nos établissements hospitaliers et ce depuis que le gouvernement SARKOZY , toujours en place et que nous remercions chaleureusement, les a abolies en 2011. 
La polyclinique des Champs nous envoie ses convalescents et ses indigents.
On peut dire que la loi hôpital, patient, santé, territoire votée en 2009 grâce à Madame BACHELOT fonctionne très bien. Les coopérations privé /public sont à présent parfaitement rodées. Finie la notion ringarde de service public de santé. La sélection naturelle a repris ses droits et les pauvres meurent plus jeunes ce qui a l’avantage à la fois de régler le problème de la démographie, celui des retraites et de réduire considérablement les années de souffrances de ces pauvres hères ! Oui, nos politiques successives de gestion comptable de la santé ont porté leurs fruits, l’argent public n’est plus gaspillé pour soigner les profiteurs et les fainéants et nos entreprises, exonérées à vie de cotisations sociales , engrangent de somptueux dividendes depuis que la sécurité sociale n’existe plus !
Tout va bien et nous pouvons encore réduire « faire plus encore avec moins de moyens encore » en développant le bénévolat par exemple et pourquoi ne demanderait on pas demain aux Agents qui ont la chance de garder leur dignité en travaillant pour nous , de faire un petit effort financier par le biais d’une souscription au capital de notre entreprise hospitalière ?
Le Président du Directoire 
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