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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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Pour me contacter :
michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 22:02

imagesLa sécu fermait les yeux depuis des années : c'était plus économique pour elle de faire payer par les malades ou les mutuelles les cas où les médecins étaient particulièrement peu payés (et qui servent à justifier le reste, les dépassements sans raison ni limites).

Marisol Touraine se félicite de la qualité de l'accord obtenu. Quelle hypocrisie ! On a quasiment rien réglé pour les patients (l'usine à gaz créée va rendre pratiquement impossible tout contrôle) et en tout cas les dépassements d'honoraires ne sont pas, comme ils le devraient, tout simplement interdits, mais la contrepartie positive pour les médecins, elle, elle existe.

A tel point que le syndicat de la médecine générale, un syndicat progressiste de médecins généralistes, a titré son communiqué de presse "L'UMP l'a rêvé, le PS l'a fait" (à lire en cliquant ici). Je vous invite aussi à aller lire le communiqué du PCF en cliquant ici.

La solution, pour les patients, c'est bien le remboursement à 100% des soins par la sécurité sociale, pour éviter cette médecine à deux, trois vitesses !

A Charleville Mézières, avec la création du groupement de coopération sanitaire privé, c'est une autre solution qui a été trouvée : c'est le personnel qui va payer ! En effet, les exigences des élus, du collectif de défense de l'hôpital, ont été entendus : les actuels médecins de la polyclinique ne pourront plus pratiquer de dépassement d'honoraire quand ils auront intégré les locaux de l'hôpital. Bonne nouvelle, direz vous : on va pouvoir se faire opérer d'une cataracte dans les Ardennes sans dépassement d'honoraires. Mais il y a un hic. Les médecins ont obtenus des compensations financières qui seront pris en charge par le groupement de coopération sanitaire. Et où pensez vous que le GCS va prendre cet argent ? A part en réduisant le personnel, je ne vois pas !

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 15:54

manif hopital rethel 11 oct 2012 004250 personnes étaient présentes hier à Rethel à l'appel des organisations syndicales de l'établissement (CGT et UNSA). Très fort pour Rethel !

Je n'y étais malheureusement pas, retenue par des engagements pris antérieurement d'aller en Haute Marne (mon prochain article devrait vous raconter ce que j'ai fait hier) et je le regrette à la fois parce que j'aurai aimé manifesté mon soutien à cette action, mais aussi parce que cela aurait été l'occasion de revoir des amis.

Cet article est donc un peu la compilation de ce qu'on m'en a raconté (mais dès midi, j'avais un message téléphonique d'un médecin de Rethel), avec des grands remerciements à Roger pour les photos.

Il y a eu un peu de confusion, les élus UMP voulant prendre la tête de la manifestation, mais, en dehors de toute considération politique, il faut être aussi peu habitué que B. Poletti ou M. Laménie à la participation à une manifestation pour ne pas savoir qu'une manifestation est conduite par ceux qui ont sont les instigateurs et en l'occurence, c'étaient les organisations syndicales du centre hospitalier !manif hopital rethel 11 oct 2012 002

Ces "m'as tu vu" n'étaient pourtant pas les seuls élus de la manifestation : il y avait aussi des conseillers régionaux comme Franck Tuot et Joëlle Barat et même un ancien conseiller régional avec la participation de René Visse, des élus de Sedan ou de Charleville Mézières (Régine Henry, Christine Caruzzi) !

Mais, au delà de ces considérations, la bonne nouvelle, c'est que c'est la première fois que les personnels et la population se mobilise ainsi pour cet hôpital : malgré tous les efforts faits par les personnels de la maternité (avec une pensée toute particulièrement émue pour Marie) la fermeture de la maternité n'avait pas occasionné une telle manifestation !

Et les "m'as tu vu" de l'UMP n'avaient à l'époque pas levé le petit doigt !

« La situation n'est plus tenable » dit le directeur de l'Agence Régionale de Santé en parlant de l'hôpital de Rethel.

Mais quels sont les causes et les responsabilités dans cette situation ?

- les politiques successives qui ont organisé, avec le numérus clausus (la réduction du nombre de médecins formés), la pénurie de médecins au nom de laquelle on a justifié les fermetures de services, la fusion des hôpitaux de Rethel et de Vouziers.

- L'instauration de la tarification à l'activité qui pénalise les hôpitaux, et en particulier ceux de proximité : la tarification à l'activité n'est qu'un outil pour faire passer derrière des mesures technocratiques la réduction des enveloppes financières des hôpitaux.

- La loi Hôpital Patients Santé Territoires (HPST), décidée par la majorité UMP du précédent gouvernement, qui a supprimé la notion d'hôpital public et conforté la ponction du service public par le secteur privé, qui a donné tout pouvoir à l'administration (directeurs d'hôpitaux, sous contrôle direct du directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui même aux ordres du ministre de la santé).

A Rethel, la débâcle a été facilitée par le groupement de coopération sanitaire avec des cliniques marnaises, qui avait anticipé la loi HPST et la mort de la maternité, fermeture préparatoire pour les décideurs à la mort du bloc opératoire, (c'est ce qui s'est passé à Vouziers)

Pourtant des solutions existent : ce n'est pas d'identifier la spécialité dans laquelle cet hôpital pourrait s'engouffrer, au prétexte que cela lui rapporterait des sous : cela ne répondrait en rien aux besoins de la population qui peut aller à Reims pour des soins très spécialisés.

Il convient de faire avec la population, leurs élus, les professionnels de santé, un véritable projet pour ce Groupement Hospitalier Sud Ardennes, à partir des besoins de la population, en coopération avec les hôpitaux publics de Reims et de Charleville Mézières : des soins de proximité sont nécessaires, y compris une activité chirurgicale. Et la proximité n'exclut pas la qualité !

C'est vrai que cela suppose des changements, ceux auxquels aspirent les Français qui ont élu F. Hollande le 6 mai dernier :

- un moratoire sur la loi HPST est nécessaire, le temps des concertations indispensables à une grande loi de santé publique

- des ressources pour les hôpitaux : Marisol Touraine, ministre de la santé et des affaires sociales, a apporté des améliorations avec la suppression de la convergence public privé, mais la masse globale de l'argent que la sécurité sociale consacre aux hôpitaux est insuffisante pour faire face aux salaires des personnels, d'où cette guerre larvée entre hôpitaux pour attirer des malades et donc des recettes, là où il y a besoin de coopération. 

La réforme annoncée de la sécurité sociale nécessite de considérer le travail non comme une charge, ce qui est une insulte aux salariés, mais comme une richesse. Solidaire, le financement de la sécurité sociale doit rester fondé sur les cotisations, des cotisations modulées selon les créations d'emploi de qualité faites par les entreprises (ce qui limite les cotisations pour les PME et TPE où la part salariale est importante) . Il doit aussi taxer les revenus financiers des entreprises, improductifs. Et avec ça, il y aurait de quoi financer les hôpitaux !

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 17:17

NSED 1Voilà le communiqué de Notre Santé en Danger après la manifestation de samedi à Paris : 

Malgré des manifestations coordonnées, du 1er au 7 octobre, en Angleterre, en Belgique, en Crète, en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Portugal, en Pologne.

Malgré le défilé à Paris, le 6 octobre, de très nombreuses délégations* venues de toute la France à l'appel unitaire d'un large collectif d'organisations.

Malgré différentes demandes de rendez vous avec Matignon, nous n'avons eu pour toute réponse qu'une rue barrée, des cars bien rangés de forces de l'ordre, le refus de recevoir citoyens et citoyennes et les associations qui se battent pour le bien public.

Nous pensions en avoir fini avec le mépris du gouvernement précédent.

Concrètement depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande le changement pourtant indispensable se fait attendre, la Santé n'a pas été inscrite parmi les priorités du gouvernement, la loi HPST s'applique toujours comme à Marie Galante et à Vire, nous ne constatons aucune réelle remise en cause de ce qui rend l'accès aux soins de plus en plus difficile : franchises et forfaits, dépassements d'honoraires, fermetures de structures de soins publiques : la liste est longue ...

Le Projet de Loi sur le Financement de la Sécurité Sociale va bientôt être débattu. Nous n'accepterons pas un budget d'austérité. Nous appelons à poursuivre dans une démarche unitaire, les mobilisations nécessaires pour obtenir des réponses à la hauteur des enjeux.

Nous appelons les mouvements sociaux, les habitants et habitantes de toute la France, à réagir rapidement, à lutter ensemble pour obtenir le droit à la santé pour toutes et tous, sur tout le territoire.

Nous appelons à interpeller nos élu.es afin qu'ils et elles se saisissent prioritairement du dossier de la santé publique, tant la situation est grave, et qu'ils et elles fassent remonter au Premier Ministre notre demande réitérée d'entrevue !

Nous continuerons à faire signer la pétition : pour-notre-sante-le-changement-c-est-urgent (cliquez ici)

Notre Santé en Danger" continue, nous sommes unis, nous n'abandonnerons pas !

Paris - le 10/10/2012

Contact du collectif NSED - collectif.nsed@gmail.com

*Afin que nulle personne n'en ignore, voici les délégations présentes :

1. Hôpitaux, maternités : Guadeloupe : Marie Galante Alès-Uzès-Nîmes (30), Ambert (63), Argenteuil (95), Aubenas (07), hôpital Avicenne (93), maternité des Bluets (75), Bordeaux (33), Briançon (05), Caen (14), Centres de Santé des Bouches du Rhône (13), Charleville-Mézières-Rethel (08), Clamecy (58), Concarneau (29), Creil (60), hôpital R.Debré (75), Decize (58), Douarnenez (29), Draveil (91), Fontainebleau-Melun-Monterau (77), hôpital Hôtel-Dieu (75), Isère (38), Ivry (94), Lannemezan (65), Les Lilas (93), Les Sables d'Olonne (85), Lille (59), Lisieux (14), Luçon (85) Lure-Luxeuil (70), Lyon (69), Mantes (78), Marseille (13), hôpital H.Mondor Créteil (94), Montaigu (85), Montluçon (03), Montreuil (93), Mont Saint Aignan (76), Nanterre (92), Nantes (44), Nemours (77), Nîmes (30), Orléans (45), Poissy Saint Germain (78), Pontoise (95), Privas (07), Rennes (35), Roubaix (59), Rouen (76), Ruffec (16), Saint Agrève (07), Saint Maurice (94), hôpital Tenon (75), Toulouse (31), Valréas (84), Vire (14) et bien d'autres hôpitaux de l'AP-HP...

2. Associations et collectifs :Act-Up Paris, Act Up Sud Ouest, Aides, AMI 92, AMI 94, AMI Ile de France, AMI nationale, ANCIC,Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes, Atout Majeur, ATTAC, CADAC, Collectif 20ème Tenon, Comité de soutien au docteur Poupardin, Convergence des collectifs de défense et de développement des services publics, Coordination de défense et de promotion des centres de santé, Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité, COSS 33, Femme Égalité, Femmes en lutte 93, Fondation Copernic, Handi-social, La Santé n'est pas une marchandise, LaSantéUnDroitPourTous, Les efFronté-e-s, Manifeste des médecins solidaires, Planning Familial, Résistance sociale, UNRPA, Vigilance handicap...

3. Mutuelles : Alternative mutualiste, Mutuelles solidaires ...

4. Syndicats : Fédération Sud Santé Sociaux, Fédération Sud Protection Sociale, Syndicat CGT CHU de Toulouse, Syndicat chirurgiens-dentistes des centres de santé, Syndicat médecins de centres de santé, Syndicat de la Médecine Générale, SNASS-CGT-ARS, Sud-Santé AP-HP, UNIRS, Union syndicale CGT de l'AP-HP, Union Syndicale de la Psychiatrie, Union Syndicale Solidaires ...

5. Partis et mouvements politiques : Alternative Libertaire, Alternatifs, FASE, GA, GU, NPA, Parti de la Gauche européenne, PCF, PCOF, PG, République et socialisme ...

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:20

Un peu avant les élections présidentielles, l'ASMUP (Association Soins Médicuax Usagers de la Pointe) m'avait demandé d'écrire au ministre alors en charge de la santé, Xavier Bertrand, pour lui faire part de l'absence de prise en charge des urgences à l'hôpital de Fumay quand le SMUR est sorti.

J'avais fait, tout en me disant que le ministre n'aurait peut être pas le temps de lire et en me promettant de recommencer avec le prochain ministre.

Je lui ai laissé le temps de prendre ses marques, pour que ce courrier ne soit pas dans une pile non traitée ! Et je viens donc d'écrire à Marisol Touraine. Vous trouverez ce courrier en cliquant ici.

Ce qui est très particulier dans la situation de Fumay, c'est que des postes d'infirmières et de manipulateurs radio ont été supprimés pour anticiper un éventuel déficit budgétaire, mais il n'y a pas eu de déficit en 2011 et les recettes sont toujours les mêmes.

Par contre, le service de radiologie ferme à 17 h, faute de manipulateur, cela au moment même où le cabinet de radiologie privé de Givet a fermé.

Et il n'y a plus d'infirmières aux urgences quand le SMUR est sorti !

Sans parler évidemment de la prise en charge des soins de plus en plus difficiles du fait du manque de personnel.

Pour éviter toute réclamation, le conseil de surveillance, prévu en mai, n'a jamais eu lieu, faute de quorum : pourtant une reconvocation est prévue dans les réglements dans de tels cas !

Le changement, cela doit être maintenant ! Le collectif Notre Santé En Danger, qui regroupe au plan national de multiples organisations comme la Coordination des Hôpitaux et Maternités de proximité, avec le soutien de partis politiques comme le PCF, a lancé une pétition qui est depuis peu sur internet : je vous invite à aller la signer en cliquant ici. Le lien est fait entre le collectif NSED et d'autres organisations en Europe et une semaine européenne d'action a lieu la semaine prochaine avec une rencontre à Varsovie et, en France, une manifestation le samedi 6 octobre à laquelle participera une délégation du collectif de défense de l'hôpital de Charleville.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 12:19

Mercredi dernier, la Conférence Régionale de la Santé et de l'Autonomie (CRSA) donnait son avis sur les modifications du PRIAC. Derrière cet acronyme barbare se trouve la répartition de financements pour des constructions de maisons de retraites (et de structures pour personnes en situation de handicap, mais ce n'est pas le but de mon article).

Comme vous le savez sans doute, (et vous pouvez trouver des informations sur le site de l'An Vert en cliquant ici ou ici) il y a deux projets d'EHPAD à Vouziers, l'un public, l'autre privé, porté par ORPEA, une société côtée en bourse, qui semble avoir jeté son dévolu sur les Ardennes, puisque c'est ce même groupe qui a récupéré les maisons de retraite de l'hôpital de Charleville Mézières.

Figurez vous que seul le financement de la structure portée par ORPEA figurait dans les mesures de financement. Pas de notion de la maison de retraite publique !

Les financements que l'Agence Régionale de Santé doivent répartir, après avis de la CRSA, proviennent de la CNSA, la Caisse Nationale de Solidarité pour l'autonomie qui est destinataire des fonds collectés à travers la journée de solidarité, vous savez, cette journée de travail gratuite qui nous a été imposée en 2004. En 2011, les revenus liés à la journée de solidarité représentait 11,7 % du budget total de la CNSA, 2,33 milliards d'euros.

Vous avez sans doute envie que ces fonds qui proviennent de votre travail soient utiles : et bien, comme vous le voyez, ils servent à des groupes comme ORPEA pour investir et mieux ponctionner les personnes âgées ensuite !

J'ai donc demandé pourquoi, des projets avaient été abandonnés (ce qui était une des raisons de la révision de ce plan) comme dans la Marne pour cause de réduction de crédits, alors qu'il restait de l'argent pour aider ORPEA, pourquoi le choix avait été fait sur Vouziers d'aider le privé, alors que le projet public traîne, faute, entre autre, d'un plan de financement bouclé et si des conditions avaient été mises à ORPEA pour que cet EHPAD, contruit avec des fonds publics, accueille toutes les personnes âgées, quelque soient leurs ressources financières.

Aux premières questions, j'ai eu comme réponse que le choix avait été fait d'honorer les engagements précédemment pris.

Et sur la question des prix de journées, JC Paille, le directeur de l'ARS, a passé la parole au président de la commission "prise en charge médico sociale et accompagnement" : l'aide aux personnes âgées est du ressort des conseils généraux !

Cette CRSA se tenait précisément l'après midi du jour où, à la foire de Chalons, avait lieu la première université régionale de la santé, organisée par le Conseil Régional : la salle comble avait montré l'intérêt de la population pour les questions de santé, et l'atmosphère n'était pas à la satisfaction, comme l'après midi ! Comme l'a dit en conclusion Joëlle Barat, vice présidente du Conseil Régional en charge de la santé, la loi HPST mérite d'être sérieusement revisitée.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 11:47

Le Sénat vient de publier un rapport d'information fait au nom de la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale de la commission des affaires sociales sur le financement des établissements de santé. Vous pourrez le lire en cliquant ici.

C'est un rapport très riche, avec plein de propositions et loin de moi l'idée de vous en faire une analyse complète : le lien que je vous ai indiqué ne va pas directement sur le rapport, mais sur une page d'introduction vous permettant, si vous le voulez, de ne lire que la synthèse avec les propositions.

Mais simplement l'envie de faire quelques commentaires.

Tout d'abord, un grand pas avec la reconnaissance que le budget des hôpitaux a une enveloppe fermée : je cite : "Bien que devant théoriquement procurer aux établissements des recettes proportionnelles au volume de séjours réalisés, la T2A s’inscrit dans une enveloppe fermée et n’entraîne pas, de ce point de vue, de changement fondamental par rapport à la dotation globale. Elle constitue ainsi une nouvelle modalité d’allocation de ressources." Il est évident que ce grand pas ne sera qu'un petit pas si ce n'est pas suivi par une révision de l'ONDAM, l'objectif national des dépenses d'assurance maladie et de ce point de vue, les annonces pour 2013 ne sont pas satisfaisantes !

Un autre pas est fait avec la reconnaissance que la T2A a joué un rôle dans l'aggravation du déficit des hôpitaux des zones peu peuplées ou ayant des difficultés de recrutement de médecins. L'annonce toute récente du maintien de l'activité de rythmologie interventionnelle (une activité de cardiologie) à l'hôpital de Castres semble montrer que la ministre a compris l'intérêt de la proximité. Une annonce à confirmer par d'autres allant dans le même sens. Le groupement hospitalier Sud Ardennes attend une aide par exemple.

Il y a d'autres petits pas : attendre pour élargir la tarification à l'activité en psychiatrie, dans les soins de suites ...

Mais ce rapport reste enfermé dans des recherches technocratiques, dans l'enveloppe fermée, même s'il la reconnaît. Et il a une immense lacune : la démocratie sanitaire. A quoi cela sert de donner une plus grande marge de manoeuvre aux agences régionales de santé si les décisions y sont prises par un directeur général sous tutelle du ministère ?

Une bouffée d'air frais dans la lecture de ce document avec lors de sa discussion les interventions d'Annie David, sénatrice PCF de l'Isère : "(...) J'entends bien que la question des ARS sortait de votre mission. (...) Si je comprends la nécessité d'évaluer les besoins de soin par bassin de population, il y aurait beaucoup à dire sur le fonctionnement actuel de ces agences, dont les décisions laissent les professionnels démunis. Il serait bon de s'y pencher" et de Dominique Watrin, sénateur communiste du Pas de Calais : On ne sortira pas de la question des déficits et de l'efficacité du système sans une problématique globale de l'offre de soins et des parcours de santé. D'où la question des inégalités territoriales. La T2A pose le même type de problème que la convergence : on plaque une rémunération identique sur tout le territoire, alors que les contraintes ne sont pas les mêmes avec tous les patients. Dans mon territoire, classé 342e sur 342, le taux de mortalité est supérieur de 70 % à la moyenne nationale, et l'espérance de vie inférieure de deux à trois ans. Les patients arrivent à l'hôpital en bout de course. Or, la T2A n'en tient pas compte. Là où les hôpitaux sont le plus en déficit, il n'y a aucun mécanisme de compensation, et la dotation des ARS est plus faible."

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 20:23

Logo_ghsa.gifMme Poletti a largement diffusé le communiqué de presse qu'elle vient de signer avec d'autres élus, mettant en cause l'Agence Régionale de Santé, puisqu'on le retrouve même dans des dépêches nationales d'agences de presse spécialisées.

Cela doit lui paraître plus simple, maintenant qu'elle siège dans l'opposition à l'Assemblée Nationale, de défendre l'hôpital car elle n'avait pas levé le petit doigt pour empêcher la fermeture de la maternité et on sait bien qu'une telle fermeture fragilise ultérieurement l'hôpital où elle est pratiquée. Elle n'a pas dit un mot contre le plan régional de santé dans lequel on devinait le peu d'attention au groupement hospitalier Sud Ardennes porté par l'ARS.

Mais d'ailleurs elle avait voté la loi HPST, cette loi mortifère pour les hôpitaux.

Oui, il faut défendre les hôpitaux de Rethel et de Vouziers. Mais cherchons les véritables causes : la loi HPST, la tarification à l'activité, l'insuffisante progression des dépenses de santé dans la loi de finance de la sécurité sociale 2012, une loi que vous avez votée, Mme Poletti !

Et il va falloir dire tout cela très fort car Marisol Touraine, la nouvelle ministre des affaires sociales et de la santé n'en a pas l'air bien convaincue : la loi HPST doit être abolie. D'autres mécanisemsx de financement des hôpitaux doivent être mis en place. Et l'ONDAM que l'on nous annonce à 2,7% pour 2013 est notoirement insuffisant.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 18:51

L'ARS de Champagne Ardenne vient de publier le Plan Régional de Santé. Difficile évidemment de tout comparer avec les versions successives proposées à la concertation pour savoir quelles sont les modifications proposées dont il a été tenu compte : rien que le Schéma régional d'organisation sanitaire fait 594 pages !

Je ne ferai que deux remarques traduisant bien à quel point la concertation n'a été que de façade

- la première tient au refus de tenir compte des remarques faites : je cite le SROS : " L’organisation de la réalisation des actes techniques de médecine avec anesthésie régionale ou locorégionale se fait préférentiellement sur un plateau technique commun avec celui de la chirurgie." J'avais fait remarquer que ces actes - il s'agit surtout de coloscopies et de fibroscopies digestives - sont faits sous anesthésie générale (ou sédation), en aucune façon sous anesthésie régionale, fut elle loco-régionale. C'est sans importance, mais témoigne juste d'un état d'esprit !

- la seconde est beaucoup plus importante : on voit apparaître dans la version définitive du SROS rien moins que la suppression des services de médecine à l'hôpital de St Dizier. D'autres fermetures de services avaient été discutées, combattues : les projets au moins sont connus, même s'ils ne sont pas bons et malheureusement maintenus. C'est fort sournoisement que l'on voit apparaître cette attaque majeure contre l'hôpital de St Dizier ! (p 300 du SROS que vous pouvez lire en cliquant ici)

Enfin, la publication de ce PRS avec le SROS confirme les rumeurs sur la fermeture de la polyclinique du Parc à Charleville Mézières : je viens d'écrire au directeur de l'ARS en lui parlant non seulement de l'avenir de cet établissement mais aussi de l'organisation des soins dans la pointe des Ardennes. Ce courrier, vous pourrez le lire en cliquant ici.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 12:32

hopital-copie-1.jpgJe ne peux rester sans réagir à la conférence de presse tenue par le directeur de l'hôpital et vous pouvez en lire le compte rendu sur le site de l'Union en cliquant ici !

Belle victoire que d'avoir réduit le déficit ! Cela s'est fait en instituant la pagaille, le type en étant l'hôpital de semaine, avec des malades changés de service le vendredi après midi et des patients rentrant en urgence pendant le week end éparpillés dans les services, non en fonction de leur besoins, mais en fonction de la place qui reste !

Sans parler du malaise des personnels, de plus en plus grave : elles, ils, en sont malades de ne plus pouvoir soigner les patients aussi bien qu'ils, elles, le souhaiteraient, sans parler des nouveaux modes de management, qui, comme dans les autres services publics, font leur ravage !

Quel intérêt de réduire les déficits, alors que le manque d'argent n'est que factice ? Le différentiel du curseur de la répartition des richesses entre salaires et cotisations sociales d’une part et profits d’autre part, a bougé de 9,3 points de PIB depuis 30 ans au détriment des premiers. Cela représente des sommes de l'ordre du 180 milliards d'euros par an parties vers les profits, de quoi boucher le trou de la sécu, financer les hôpitaux, les retraites, augmenter les salaires ... 

Mais certains s'épanouïssent dans la gestion bling, bling de l'hôpital : la loi Bachelot leur a donné du pouvoir (à condition d'aller dans le sens du vent) et le pouvoir, quand cette envie vous tient, certains n'y résistent pas, pour transformer l'hôpital en l'entreprise des copains et de coquins !

Parlons par exemple de l'arrivée de trois médecins anesthésistes. Déjà, quand je dis que c'est une gestion bling bling, sans rien de concrètement positif, il faut aussi dire que depuis l'arrivée du nouveau directeur, deux médecins anesthésistes sont partis vers d'autres hôpitaux, ne supportant le mépris dont elles étaient l'objet ni l'aggravation des conditions de travail. Sur les trois nouveaux médecins, l'un a ce statut particulier de praticien clinicien, payé au dernier échelon + 70% du salaire, avec des obligations horaires supérieures aux autres médecins, mais pas pour faire de l'anesthésie : 15 h par semaine pour participer au nouveau management qui a entraîné des départs ! (les copains et les coquins)

Quant aux deux autres, ce sont des médecins roumains qui travailleront vraiment, quand ils seront autonomes d'un point de vue linguistique ! Mais cela permet au directeur de faire une conférence de presse ! Il devrait d'ailleurs peut être organiser des cours de Roumain à l'hôpital, car, vous voyez l'angoisse des personnels de travailler avec des médecins avec lesquels il n'y a pas possibilité d'échange !

Cela permet d'avoir des médecins au statut précaire, qui ne contestent pas : c'est bon pour le bling, bling, pour les chefaillons qui veulent assoir leur autorité sur l'arbitraire.

C'est par contre inquiétant pour la qualité des soins ! Et sans faire de systématisme. Il y a parmi les médecins étrangers de très bons médecins, y compris parmi les médecins roumains ! Mais il n'y a pas dans ce pays la barrière mise en France par le concours en fin de première année d'étude, cette barrière trop sélective d'ailleurs chez nous, mais totalement défaillante chez eux. Alors, certains auraient suivi facilement les études en France et acquièrement d'ailleurs sans problème (sans problème, je parle là pour ceux issus des pays de l'Europe) un statut de praticien hospitalier après un concours en France, mais ce n'est pas le cas de tous.

Et ces départs massifs de médecins roumains sont très inquiétants pour ce pays !

Juste un mot sur la certification, pour en sourire. En ce qui concerne le bloc opératoire, le seul changement, apprécié par les certificateurs, c'est l'apparition d'un logiciel dont sur le terrain, on n'a pas encore compris l'intérêt, à part la perte de temps pour les infirmières et la possibilité pour les cadres de mieux fliquer le personnel ! Quand à la prise en charge des anesthésies pour les explorations digestives, elle est devenue d'un haut niveau d'organisation et de sécurité, mais si le directeur avait seulement fait l'effort de questionner les professionnels pour répondre à la Haute Autorité de Santé, le processus était déjà en route et les arguments auraient été donnés dès le printemps !

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:11

Si vous doutiez que la santé est un enjeu de classe, la CRSA (commission régionale de la santé et de l'autonomie) tenue mardi est de nature à lever ces doutes ! Le représentant du patronat a brillamment rappelé la nécessité de respecter l'ONDAM, la crise qui oblige à une hiérarchisation des objectifs, car les dépenses de santé ne peuvent croître, la nécessité de développer les soins ambulatoires et de réduire le nombre d'établissements, l'intérêt des partenariats public privé !

L'élaboration du plan régional de santé est en effet dans sa dernière ligne droite et la CRSA s'est prononcée sur ce plan mardi.

Je suis essentiellement intervenue sur la discordance entre les avis positifs des différentes commissions spécialisées, même si elles onf fait des remarques très pertinentes, tout particulièrement en ce qui concerne la commission offre de soins et l'avis négatif du conseil régional et d'autres collectivités : en effet, dans les structures de concertation de l'ARS, même s'il y a des représentants d'association d'usagers, il y a surtout des professionnels, qui réfléchissent à partir des structures existantes, (sans parler des directeurs d'hôpitaux, certainement bien ennuyés pour avoir une parole libre, face au directeur de l'ARS) tandis que pour les élus, ce qui prime, c'est la satisfaction ou non des besoins.

Dans l'atmosphère assez guindée de la CRSA, la parole s'est un peu libérée vers la fin, et je me serai même cru revenue au matin, au CAEN : un intervenant a souligné le rôle de l'école dans la prévention et déploré tous les reculs de l'Education Nationale, le manque d'infirmières scolaires, la disparition des RASED ...

Pour mieux connaître toutes les protestations qui montent contre ce plan régional de santé rabougri, simple déclinaison de la loi Bachelot, je vous invite à aller lire l'intervention de Sylvain Dalla Rosa au conseil municipal de Charleville Mézières en cliquant ici et la contribution du syndicat CGT de l'hôpital de Sedan en cliquant ici.

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