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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 00:13

Les personnels de l'AFPA organisent une journée d'action le 7 décembre, à l'occasion de la tenue du bureau de cette association qui fêtait l'an dernier son 60ème anniversaire et dont la qualité des formations fait l'unanimité.
Mais le gouvernement en a décidé le démantèlement, la vente par appartement, en décentralisant aux conseils régionaux la responsabilité de la formation des demandeurs d'emploi, en transférant à Pôle Emploi le service d'orientation, sans parler du patrimoine : le gouvernement a tellement bien préparé les choses que la commission européenne s'est opposé au transfert de ce patrimoine de l'Etat à l'AFPA, comme prévu dans la loi de novembre 2009 sur la formation professionnelle.
Sous des formes diverses, les conseils régionaux ont mis en place des mécanismes permettant de contrecarrer ce démantèlement ; en Champagne Ardenne, cela est passé par la création du Réseau Public Régional de Formation Professionnelle.
Cette résistance ne doit pas convenir à ceux qui veulent la mort de cette association pour pouvoir développer des organismes de formation mercantiles et c'est maintenant un véritable sabotage de l'intérieur, par une direction générale mise en place par les représentants de l'Etat et du patronat au bureau de l'AFPA, lesquels ont imposé le non remplacement systématique des départs des salariés de l'association et un plan de réorganisation qui s'apparente plutôt à une désorganisation généralisée. En particulier, aucune mesure sérieuse n'a été prise pour l'accueil des stagiaires antérieurement fait par les psychologues transférés à Pôle Emploi.
Les salariés de l'AFPA, à tous les niveaux de responsabilité, sont malades de la casse de cet outil qui faisait leur fierté et je tiens à leur apporter mon soutien pour leur journée d'action.

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Published by Michèle Leflon - dans Formation Education
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 14:29

L'Etat met en concurrence les structures d'orientation, là où il devrait les coordonner et fait payer par les autres, tout en passant sous silence le service d'orientation de l'Education Nationale. Est ce pour le laisser mourir d'inanition ?
Voilà, très rapidement résumée, mon analyse du décret d'application de la loi de novembre 2010 sur l'orientation et la formation professionnelle portant création du label national pour la mise en œuvre du Service public de l’orientation tout au long de la vie, qui doit être présenté au Conseil National de la Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie mercredi 8 décembre.

En cliquant ici, vous trouverez un document, certes un peu trop long, mais les questions sont complexes, expliquant les positions que je défendrai lors du Conseil National de la Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie du mercredi 8 décembre et au cours de l'élaboration du Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles.
Les personnels du service d'orientation de l'Éducation Nationale organisent une journée d'action ce même mercredi prochain.

Je leur apporte mon soutien, car la casse orchestrée du service d'orientation à l'Education Nationale va dans le sens des terribles transformations idéologiques imposées à l'école : préparer à un emploi au service du capital et non préparer à la vie, éduquer, apprendre à travailler dans une visée émancipatrice.

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 01:21

logo-region.jpgUn rapport présenté ce matin à la session plénière du conseil régional concernait la formation. Voici l'intervention que j'ai faite qui doit, à peu près, vous permettre de comprendre le contenu du rapport.

Les deux parties de ce rapport concourent au même but : poser les briques d'un véritable service public national de l'emploi et de la formation, car c'est effectivement de cela qu'ont besoin les demandeurs d'emploi pour un passage entre deux emplois qui ne soient que du temps de formation dans une vision sécurisée. Evidemment, ce ne sont que des briques, car il manque quelque chose d'essentiel : l'implication des employeurs nécessaire pour assurer une véritable sécurité professionnelle.
L'accord cadre entre les régions, sur laquelle je me suis largement engagée : c'était d'ailleurs le sens essentiel de mon intervention à la dernière commission formation professionnelle de l'ARF, cette convention doit permettre d'avoir à la fois les avantages de la décentralisation avec une élaboration au plus près des citoyens des politiques de formation des demandeurs d'emploi et l'avantage de donner à chaque demandeur d'emploi, à chaque apprenti un droit à la formation qui ne soit pas morcelé par des limites territoriales.
La convention avec Pôle Emploi est la seconde brique posée aujourd'hui : le but est bien, au delà des politiques gouvernementales qui ont voulu vider de son sens le service public de l'emploi qu'était l'ANPE, pour en faire un instrument de flicage des demandeurs d'emploi avec la création de Pôle Emploi, qui lui impose un recours aux opérateurs privés et qui ont prévu dans le projet de loi de finances 2011 de lui couper les moyens, d'avoir, en région un travail en commun, permettant d'articuler les politiques de formation de la région et de Pôle Emploi et je dois d'ailleurs à ce sujet saluer l'action des salariés de Pôle Emploi, car qu'il s'agisse de la direction régionale ou des conseillers dans les agences, ils travaillent pour permettre effectivement que les demandeurs d'emploi puissent avoir un véritable service public de l'emploi et, et c'est le sens de notre convention, une bonne prescription de formation, au delà de la casse orchestrée de cette institution par les diktats gouvernementaux qui n'ont que faire de l'assurance chômage, comme d'ailleurs de l'assurance vieillesse !
Oui, Mr Warsmann, la situation est difficile, mais elle est difficile parce que vous l'avez créé, vous l'UMP en soutenant les politiques patronales destructives.
Nous aurons l'occasion de revenir dans les prochaines sessions sur l'élaboration du contrat de plan régional de développement des formations professionnells : de multiples concertations sont déjà engagées et je souscris tout à fait à ce qu'a proposé Karine Jarry, il serait bon que, dans ce cadre, nous rencontrions l'IPR, cette instance paritaire de Pôle Emploi.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 20:46

FPSPP : fond paritaire de sécurisation des parcours professionnel.

Ce fond a été créé par la loi sur la formation professionnelle de novembre dernier et collecte des fonds pour la formation venant des entreprises par l'intermédiaire des OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) avec pour ambition "la sécurisation des parcours professionnels"

Les OPCA ont moins de ressources pour la formation des salariés mais cela n'est pas grave, tout au contraire, si la mutualisation effectuée au sein du FPSPP permet des actions de meilleures qualité !

Et bien figurez vous que le gouvernement a décidé de ponctionner ce fond, à hauteur de 300 millions d'euros pour assumer ses compétences en matière d'emploi !

Et la création du fond de sécurisation des parcours professionnels va avoir pour résultat moins d'argent pour la formation des salariés, moins de formation et donc un risque accru de rupture professionnelle !

De nombreuses protestations avaient accompagnées l'annonce de cette ponction et l'on pouvait espèrer que le gouvernement réléchisse (mais sait il réfléchir ?). Hélas, ce prélèvement sur le FPSPP figure bien dans le projet de budget 2011 de notre pays tel qu'il est présenté dans la loi de finances !

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 01:06

photo crC'était aujourd'hui, comme un lundi par mois, la commission permanente du conseil régional. Dès que j'aurais un peu de temps, promis, je vous fais un petit résumé des débats, mais pour ce soir, je voudrais juste m'attarder sur les dossiers de la formation professionnelle.

Le choix, validé cette après midi par la commission permanente, des organismes de formation qui se sont associés pour répondre à la demande de la région et offrir des parcours de formation qualifiante à recrutement régional selon un processus de mandatement avec octroi de droits spéciaux, est en effet la concrétisation du lancement du réseau public régional de formation professionnelle et cela représente l'aboutissement pour moi d'un long travail (aboutissement, mais pas fin, car il va falloir veiller au bon déroulement et étendre le système !)

Mandatement avec octroi de droits spéciaux : quel baratin, allez vous dire, à juste titre ! Il s'agit de droit européen avec toute les limites des traités européens qui font qu'il n'est pas possible de faire un véritable service public !

Mais pratiquement, cela va avoir un avantage énorme pour les organismes de formation, puisque cela va leur permettre d'être financés par le conseil régional en fonction des charges qu'ils ont pour répondre aux obligations de service public et non simplement à l'heure de formation par stagiaire, un mécanisme de financement contre productif en terme de qualité !

Et donc, car, cela est bien le but essentiel, cela devrait conduire à un saut qualitatif dans la qualité de la formation des demandeurs d'emploi, un saut d'autant plus important que le conseil régional ne demande pas aux organismes de formation de simples stages, mais la construction de véritables parcours pour aboutir à une qualification !

Un autre dossier était également important : une convention avec la Picardie selon laquelle les stagiaires picards sont considérés en Champagne Ardenne comme les champardennais et inversement. Une telle convention existe déjà avec la Bourgogne et ... avec la Wallonie. Il a fallu relancer bien souvent pour en arriver là !

C'est pourtant indispensable, pour que la décentralisation qui apporte beaucoup en rapprochant les lieux de décision des intéressés, en favorisant la démocratie, ne se traduise pas par une fragmentation de notre pays contraire à la satisfaction des besoins des populations !

Il devrait y avoir beaucoup mieux puisque une convention entre l'ensemble des régions de France permettant "la libre circulation" des stagiaires de formation professionnelle devrait être votée par tous les conseils régionaux et signée par les présidents de région lors du prochain congrès de l'Association des Régions de France (ARF) en novembre. Cela me réjouit, car j'avoue que de porter cette exigence d'une nécessaire entente entre toutes les régions avait été ma principale motivation pour aller participer à la commission formation professionnelle de l'ARF en  juillet dernier ! J'avais à l'époque "un cas" à cheval sur la Lorraine et la Champagne Ardenne et j'avoue que la quantité de salive nécessaire à la résolution de ce "cas" m'avait paru tout à fait disproportionnée avec le simple bon sens, sans parler de l'angoisse de cette Ardennaise qui a du se demander pendant un mois si elle pourrait vraiment faire des études d'assistante sociale de Reims, après avoir été reçue au concours, simplement parce qu'elle était partie depuis quelque temps vivre en Lorraine !

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 21:16
Me voilà à nouveau en charge de la formation professionnelle et de l'orientation au conseil régional.
De grands enjeux sont devant nous :
- garantir un appareil de formation de qualité (et certains s'emploient à le casser : cf mon tout dernier article sur l'AFPA à relire en cliquant ici),
- contribuer à la sécurisation des parcours professionnels,
- développer une élaboration plus citoyenne des politiques de formation
- enfin élaborer le contrat de plan dans l'année qui vient, ce contrat de plan auquel nous oblige la loi, et qui ne sera bon que si les batailles citoyennes nécessaires sont menées.
Une petite remarque sur l'orientation. Je n'avais pas envie d'avoir un titre à rallonge comme en 2004 ("Vice présidente chargée de la formation professionnelle , de l'insertion et de l'accès à l'emploi") d'autant plus que l'accès à l'emploi dépend avant tout de l'existence d'emploi ! Mais j'ai souhaité faire préciser "orientation", car même si ce n'est pas une compétence de la région, on s'en occupe et c'est d'ailleurs ce que l'on a fait avec la mise en place des Espaces Métiers. Il me paraît essentiel que ce ne soit pas lié aux lycées, car l'orientation scolaire est du ressort du ministère de l'Education Nationale et il faut veiller à toute velléité de casser les CIO, garants de l'égalité d'accès de tous les jeunes à la même orientation sur l'ensemble du territoire français.
Je voudrais cerner mon propos aujourd'hui, sur la question des fins de droits. Évidemment un nombre certain de ces personnes en situation difficile a besoin de formation. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il existe des demandeurs d'emploi de longue durée ! Et dès la fin 2004, après la loi de décentralisation, le conseil régional de Champagne Ardenne, à mon initiative, avait ouvert ses formations à l'ensemble des demandeurs d'emploi et retravaillé une offre nouvelle.
Depuis il avait essayé de s'adapter aux caprices gouvernementaux faits d'effets d'annonces, de remise en place de stages bidon, de casse du service public de l'emploi avec la création de Pôle Emploi, de démantèlement de l'AFPA, pour coûte que coûte assurer aux demandeurs d'emploi, quelque soit leur statut, leur indemnisation, l'ancienneté de leur chômage ... des possibilités de formation de qualité.
Au cours des derniers mois N. Sarkozy et son gouvernement ont méprisé le rôle des régions dans la formation, ont fait semblant de se substituer à elles à travers une politique confuse de formation de Pôle Emploi avec des conséquences dramatiques pour les demandeurs d'emploi.
Les conseils régionaux n'étaient même pas installés que, les élections passées, les régions deviennent bonnes pour former et payer ! Le cabinet du secrétaire d'Etat à l'emploi a en effet rencontré l'ARF (association des régions de France) mercredi pour lui demander son aide sur la question des "fins de droits" et sous des formes polies, l'injonction semble : mettez les en formation (le contenu importe peu ), payez des rémunérations et sortez les des statistiques !
C'est oublier que la formation des chômeurs a été transférée aux régions sans un centime et que malgré cela le budget formation a été accru pour mieux satisfaire les besoins.
C'est une nouvelle fois dévaloriser la formation en ne s'attachant pas aux contenus mais en en faisant un artifice pour boucler les fins de mois. Il s'agit là de quelque chose de très grave car cette dévalorisation se répercute aussi auprès des salariés et tout particulièrement sur ceux qui sont le moins tentés par la formation et ceci ne contribue pas à construire l'avenir.
Enfin, après avoir tout fait pour rendre inefficace Pôle Emploi (et je plains ses salariés) le secrétaire d'état à l'emploi lui demande de faire faire un bilan de compétences aux demandeurs d'emploi à la fin de la période d'indemnisation. Pourquoi ce bilan ne pourrait-il pas être proposé à l'inscription au chômage ?
Et les formations de Pôle Emploi seraient attribuées plus particulièrement aux "fins de droit" ! Une manière d'opposer les demandeurs d'emploi entre eux en repoussant les problèmes !
Dans les jours à venir, je prendrais des initiatives pour voir avec Pôle Emploi et les organisations syndicales ce qu'il est encore possible d'améliorer dans les possibilités de formation et d'accompagnement dans notre région.
Mais il faut aussi que le patronat et le gouvernement cèdent en acceptant des assouplissement des critères d'accès à l'allocation sépcifique de solidarité (ASS) et que la durée d'indemnisation soit allongée.
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 21:40
Je me suis souvent fait l'écho ici du démantèlement de l'AFPA organisé par le gouvernement. A la casse qu'il organise, le gouvernement ajoute une politique brouillone et antidémocratique !
D'après la loi sur la formation professionnelle, le patrimoine de l'AFPA, qui appartient pour l'instant à l'Etat, doit être transféré à l'AFPA avant le 1er avril.
Si ce n'est que cela suppose l'autorisation de la commission européenne, non encore donnée !
Mais cela n'empêche pas le gouvernement d'avoir demandé une réunion en urgence du bureau du CNFPTLV ( Conseil National de la Formation Professionnelle tout au long de la vie) pour donner un avis sur le décret organisant ce transfert demain, jour d'installation de l'ensemble des conseils régionaux, c'est à dire en l'absence de toute représentation de l'Association des Régions de France, pourtant très concernées par ce décret, certaines ayant d'ailleurs demandé que le patrimoine de l'AFPA leur soit plutôt transféré.
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 23:44
Ce n'est pas moi qui le dit ! C'est le ministère de l'Education Nationale !
La dépense d'éducation représentait 7,6% du PIB (le produit intérieur brut) en 1995. En 2008, elle n'en représentait plus que 6,6%.
Ces chiffres, on les trouve dans une note d'information publiée en janvier dernier sur le site du ministère de l'education Nationale et que vous pourrez retrouver en cliquant ici.
On y apprend aussi que le financement par les collectivités territoriales est passé de de 14,2 % en 1980 à 23,8 % en 2008, voir plus selon la manière de comptabiliser les dépenses et qu'en 2008, les régions et les départements ont dépensé plus de cinq fois le montant des compensations qui leur ont été attribués au titre de la décentralisation des compétences, et cela sans même comptabiliser des actions volontaires comme la gratuité des manuels scolaires.
Allez jeter un coup d'oeil : il y a plein d'autres chiffres également fort intéressants.
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 23:52
logo-region.jpgHier, je me suis fait un petit plaisir à la commission permanente du Conseil Régional avec le vote d'une délibération acceptant que le président signe une convention de partenariat entre le CNFPT et la région concernant la formation des contrats aidés des collectivités locales.
Quelques explications pour vous permettre d'en comprendre l'intérêt.
La formation des personnes en contrats aidés, qui ont souvent particulièrement besoin de formation est, de par la loi, du ressort de leur employeur.
Mais pour les employeurs, ce sont souvent des salariés presque gratuits puisque les contrats sont aidés largement par l'Etat (une vraie gabegie financière d'ailleurs, il ferait mieux d'augmenter la dotation des communes et de subventionner les associations, pour que communes et associations puissent financer des contrats durables) et financer de la formation en plus ne les intéresse pas. Je suis méchante en disant cela : certains le font, d'autres aimeraient et ne peuvent pas ! Pensez par exemple aux petites communes dont le contrat aidé est le seul salarié à part la secrétaire de mairie partagée avec d'autres.
Jusqu'en 2004, l'état finançait de la formation aux contrats aidés et le ministre Borloo dans son plan de cohésion sociale a arrêté cela, renvoyant aux employeurs (drôle de cohésion sociale), ce qui évitait de transférer des fonds aux régions pour qu'elles puissent totalement assumer leur compétence de formation professionnelle.
La solution était pour nous d'inciter les employeurs à former en cofinançant. Encore faut il trouver des partenaires pour cofinancer et les projets n'ont pas été légion ! (avec cependant un satisfecit avec Tremplin 52). En plus, c'est compliqué car il ne faut pas que ce soit des formations bidon, ce sont des gens qui travaillent à temps partiels et qui ne peuvent donc pas participer à une formation qualifiante prévue à temps plein etc ...
Et j'en viens à la convention avec le CNFPT. C'est le Centre National de la Formation des Personnels Territoriaux, qui jusque là refusait d'accueillir les personnes en contrats aidés (puisque, pas plus que la région, il n'a eu de sous pour cela au moment de la décision de Borloo de supprimer les financements de l'Etat.)
La convention stipule que le CNFPT s'engage à ouvrir son catalogue de formations aux salariés en contrat aidé des collectivités locales et d’en assurer la prise en charge et la Région s'engage à ouvrir aux salariés en contrat aidé des collectivités locales ses dispositifs « Passeport VAE », dans le cadre du parcours intensif notamment, Chèque-Formation – FOAD et la prestation d’évaluation du niveau de connaissance pour l’élaboration d’un parcours professionnel et d’en assurer la prise en charge avec un maximum de 50 personnes prises en charge de part et d'autre pour cette année.
Ce n'est pas grand chose, mais il en a fallu du temps, d'où mon  "petit plaisir" !
Et ne me dites pas que l'on a tort de se substituer à l'Etat, car derrière tout cela il y a des gens qui ont besoin de formation. Il faut plutôt envisager de mettre la raclée à ce gouvernement Fillon, Borloo & Co.
On a d'autres projets de ce type, en particulier pour favoriser les Congés individuels de formations chez les gens qui n'ont pas travaillé tout à fait assez pour y avoir droit en l'état actuel des choses.

 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 14:19
Voilà le courrier que j'adresse au Ministre de l'Education Nationale, vous savez, celui qui n'a même pas démissionné de son poste de conseiller régional en devenant ministre, mais qui ne met plus les pieds au conseil régional !
lyceerevin.jpgMonsieur le Ministre,
Vous mettez en place une réforme des lycées qui inquiète beaucoup enseignants, parents et au delà l'ensemble des Français.
Car cette réforme change le sens de l'enseignement. Elle le fait passer d'un enseignement global, avec ses défauts certes, mais aussi ses qualités qui ont fait la réputation de la France, à un enseignement utilitariste dont le seul but serait de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes, là où il faut former de futurs travailleurs, certes, mais aussi de futurs citoyens, des femmes et des hommes tout simplement.
Au delà de la très dommageable suppression de l'histoire en classe de terminale scientifique, exemple caricatural de cet enseignement devenu uniquement celui de l'homo oeconomicus, je voudrais vous donner deux autres exemples qui m'ont été largement commentés par des enseignants de ces disciplines inquiets à juste titre :
- la réduction des horaires de sciences et vie de la terre à tous les niveaux du lycée est surprenante à une époque où l'importance des questions environnementales nécessiterait que tous connaissent quelques principes de base sur la photosynthèse, la génétique, l'immunologie... pour ne pas être la cible des obscurantistes. Aucune garantie n'est donnée sur la place des travaux pratiques indispensables à la découverte de ces sciences alors même que cet enseignement serait aussi une ouverture importante à la réflexion pour les élèves des classes littéraires et économiques.
- Le programme de sciences économique et sociale prévu pour le classe de seconde l'année prochaine évacue les questions de société comme l’emploi, le chômage, les inégalités de revenu… et marginalise la sociologie.
L'importance des évolutions de notre monde impose à l'éducation des jeunes des transformations profondes : ils devront être les citoyens de demain, aptes à comprendre les enjeux sociaux, économiques, environnementaux de leurs vies ; ils doivent pouvoir s'insérer sans difficultés dans le monde du travail mais cette insertion se fera d'autant mieux qu'ils seront des acteurs de leur vie et non des sujets passifs.
C'est tout particulièrement important dans mon département, les Ardennes, un département en grande difficulté économique comme vous le savez.
Or non seulement vous proposez cette réforme qui change le sens de l'enseignement, mais vous supprimez des postes d'enseignants, confirmant ainsi le caractère réducteur de ces transformations, alors que l'investissement dans la formation est indispensable pour préparer l'avenir.
La lutte contre les inégalités sociales, culturelles ne peut passer par une réduction globale de l'enseignement, assortie de quelques heures de soutien scolaire, une offre réductrice qui va encore favoriser les enfants des classes les plus cultivées qui pourront trouver chez eux l'éducation leur permettant d'être acteur de leur vie, mais nécessite au contraire plus d'enseignants pour aider les jeunes en difficultés.
En vous demandant de revenir sur cette réforme délétère, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l' expression de mes salutations distinguées.
Michèle Leflon
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