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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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Pour me contacter :
michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 22:31

lyceerevin.jpgC'est demain, jour de rentrée des classes : une rentrée sous le signe de la rigueur, de la réduction du nombre d'enseignants et des gadgets pour animer le débat : cours de morale, montée au créneau de députés de droite contre les nouveaux programmes de SVT de 1ères Le nouveau chapitre des programmes «Devenir homme ou femme» n'y a pas sa place, selon eux. Contribuer à faire comprendre aus jeunes que les inégalités entre les femmes et les hommes ne sont que des constructions sociales déplaint à ces messieurs et puis cela permet de détourner l'attention des vraies réalités : les classes surchargées, les profs qui n'en peuvent plus, l'échec scolaire.

On avait eu un autre gadget l'année dernière : le lycée avec sport l'après midi. Cela a été expérimenté au lycée Bazin dans les Ardennes : on revient déjà dessus !

Je ne sais plus le chiffre exact, mais depuis les années 90, la scolarisation des enfants de deux ans a été divisée par quelque chose comme 3 dans le département alors qu'il est démontré qu'elle contribue à la lutte contre l'échec scolaire.

La politique de restriction budgétaire, au nom du déficit créé par les classes dirigeantes, plus préoccupées de la santé des marchés financiers que de celle de la société, ne peut durer.

L'école, en particulier la lutte contre l'échec scolaire, la lutte contre la reproduction des inégalités sociales à l'école nécessite des moyens mais aussi autre chose : des réformes pédagogiques profondes, une d'école qui prend comme modèle l'enfant qui n'a que l'école pour apprendre.

Comme les hôpitaux, comme tous les services publics, le gouvernement Sarkozy nous détruit l'école pour l'adapter à son but : sélectionner les enfants, pour orienter le plus vite possible la majorité d'entre eux vers des formations de stricte adapatation à l'emploi et réserver à une élite seulement la possibilité d'accéder à des savoirs complexes. Allez donc lire la tribune de Marine Roussillon dans l'Humanité de vendredi en cliquant ici.

D'ores et déjà, les syndicats enseignants appellent à une journée de grève unitaire le 27 septembre.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:06

orzyJ'ai participé lundi à la visite du chantier du nouveau lycée de Revin avec le président de Région : cela m'a permis de vous ramener cette photo, un peu spectaculaire, de la démolition en cours, première étape d'un chantier qui va s'étaler sur 4 ans, avec évidemment des opérations à tiroir pour permettre au lycée de continuer à fonctionner.

La beauté du projet, son intégration au site particulier de cette vallée de la Meuse, ne doit pas faire oublier qu'il ne s'agit pas seulement d'un beau projet, mais d'un projet à haute valeur environnementale, destiné à faire faire aussi des économies très considérables d'énergie ! Si vous voulez voir une image de synthèse du projet, cliquez ici. On a du mal à reconnaître sur la maquette car sa couleur est pâlichonne, mais le seul batiment à étages est le batiment déjà existant avec en particulier la partie hôtelière du lycée dont la façade est plutôt rouge. C'est d'ailleurs avec une photo de ce bâtiment que j'illustre assez régulièrement mes articles concernant les lycées dans ce blog !

La construction de ce lycée va dans le bon sens : le droit pour tous les jeunes d’accéder dans la proximité à une formation de qualité et choisie et le symbole de Revin, avec toutes ses difficultés économiques est fort.

C'est aux antipodes des orientations du ministre Chatel qui, dans la logique d’une marchandisation des savoirs et d’une formation qui répondrait aux seuls besoins immédiats des entreprises, prone la concurrence entre établissements témoignant de l'instauration d'une école à plusieurs vitesses avec laquelle on renonce à mettre l'excellence à portée de tous.  

La rentrée s'annonce mal avec son lot de suppressions de postes d'enseignants, la réduction drastique de la scolarisation des enfants à deux ans. La baisse des moyens consacrés à l’accompagnement des élèves en difficultés ou aux quartiers populaires renforce les inégalités sociales en encourageant leur reproduction au sein de l’école.  Et, dans le contexte de réforme territoriale et de baisse de leurs financements, le désengagement de l'état en direction des collectivités locales contribue à renforcer les inégalités.

Il faudrait à l'inverse impulser une transformation progressiste de l’éducation nationale répondant aux besoins des élèves qui n'ont que l'école pour apprendre.  Et il faut que l’Etat assume ses missions, afin d’assurer une égalité pédagogique réelle sur tout le territoire. Le caractère national du service public de l'éducation, et sa continuité sur tout le territoire, doivent être réaffirmés.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 10:56

L'urgence aussi, une vraie réforme de l'école !

J'ai eu l'occasion dans la semaine de me féliciter de l'inscription de l'école de la deuxième chance dans le contrat de plan régional de développement des formations, qui va permettre la pérennisation des financements de l'Etat, ce qui ajouté aux financements pérennes depuis longtemps de la région, autorise de nouvelles ouvertures, la plus récente étant celle de Vouziers.

Mais, je le redis ici : mon rêve, c'est que l'école de la deuxième chance ne soit plus nécessaire car chaque jeune trouverait dans la formation initiale réponse à ces aspirations : cela suppose de redéfinir l'école sur le modèle de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre.

Loin de là, le gouvernement est en train de préparer dans le silence de nouvelles fermetures de classes pour la rentrée prochaine, non prévues lors des annonces sur la carte scolaire de l'an prochain : cela va d'une classe de seconde au lycée de Givet aux CAP de maintenance et hygiène des locaux de Bar sur Aube et de vendeur magasinier de Bar sur Seine et on en apprend chaque jour de nouvelles !

J'ai aussi eu l'occasion de m'inquiéter sur le devenir de l'AFPA, la casse orchestrée par le gouvernement de cet outil extraordinaire de formation professionnelle.

Le débat doir s'enrichir sur une vraie alternative pour 2012. Jean Michel Bochaton, responsable du collectif de travail sur la formation professionnelle à l'association des élus communistes et républicains, vient d'analyser les propositions du Parti Socialiste : La lecture intégrale du programme 2012 du Parti socialiste marque en creux le manque de volonté de s’affranchir du capitalisme en s’inscrivant dans la régulation et l’accompagnement des modèles de gestion de la pensée unique. Je vous invite à lire l'ensemble de son analyse en cliquant ici : c'est une analyse des propositions du PS, mais il avance également les propositions du PCF, comme celle d'une sécurité d'Emploi et de Formation

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 15:03

Après l'Assemblée Nationale, le Sénat a voté lundi la loi sur l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels. Comme l'a dit Brigitte Gonthier Maurin, sénatrice communiste des Hauts de Seine, "Sur la forme, la proposition de loi ne se donne pas d'autre objectif que d'exaucer les vœux présidentiels, ce qui constitue une regrettable distorsion du fonctionnement de nos institutions et un dévoiement des droits des parlementaires. Se parant d'objectifs ambitieux, la proposition de loi manque pourtant son but : elle alterne entre dispositions insignifiantes et innovations dangereuses, aboutissant à la précarisation des apprentis comme des salariés." Si cela vous dit, allez lire les débats au Sénat en cliquant ici : vous verrez tous les amendements qui ont été proposés par le groupe communiste pour améliorer la situation des apprentis.

Le gouvernement confond emploi des jeunes et formation, alternance et apprentissage et fait de l'incantation, sans poser la véritable question, celle de la nécessité d'une allocation d'autonomie de la jeunesse donnant à chaque jeune une possibilité réelle de choix de sa voie de formation et en faisant du chantage aux régions : former plus d'apprentis avec moins de moyens mais si elles ne l'acceptent pas ce sera pas de sous du tout !

En Champagne Ardenne, l'Etat a donné plus de 7 millions d'Euros en 2010 à la région dans le cadre du Contrat d'Objectif et de Moyens de l'apprentissage. Il faudrait  former plus d'apprentis en 2011 et dans les années suivantes et l'Etat ne donnerait que 6 millions d'euros par an !

Tout à fait inacceptable ! Rappelons que le CPRDFP (Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles) qui vient d'être signé en Champagne Ardenne n'a rien tranché à ce sujet, se contentant de dire que l'objectif donné par la circulaire ministérielle de 12 000 apprentis en Champagne Ardennes était jugé inatteignable. Pour ceux qui souhaitent lire le CPRDFP, vous pouvez télécharger les décisions de la sessions plénière du conseil régional du 23 mai en cliquant ici : le CPRDFP se trouve à partir de la page 90 du document.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 09:35

lyceerevin.jpgLa configuration politique actuelle, un gouvernement de droite, des régions très majoritairement à gauche, avec la participation de communistes dans les exécutifs de nombre d'entre elles, a sans doute un peu tendance à brouiller la réflexion sur le sens et les limites de la décentralisation, à mélanger effets actuels dans cette configuration politique et projet pour une société plus émancipée.
L'amélioration des locaux et des équipements des collèges et des lycées depuis leur décentralisation fait la quasi-unanimité (résultat d'une démocratie de proximité?). De nombreux Agents Techniciens Ouvriers ou de Service des lycées ont oublié leurs actions contre leur décentralisation pour se féliciter de leurs nouveaux employeurs (résultat d'une politique plus sociale?)
Mais il devient presque illusoire pour un demandeur d'emploi d'intégrer une formation AFPA dans une autre région (malgré une convention entre toutes les régions) et les années passant, les différences entre les aides à la formation, et donc les droits, explosent entre les régions.
Préciser la place à accorder aux conseils généraux ou régionaux requiert donc une réflexion attentive, libérée des contingences actuelles. Plusieurs conceptions s'affrontent :
- celle de la droite : la mise en concurrence des territoires et l'évolution vers une simple déconcentration antidémocratique des services de l'Etat, permettant d'appliquer aux collectivités territoriales la RGPP.
- celle du PS limitant le rôle de l'Etat à ses compétences régaliennes, avec un acte 3 de la décentralisation : les territoires sont mis en concurrence.
- une conception refondée de la république où la démocratie est développée à tous les niveaux, où les territoires coopèrent, où des services publics forts assurent l'égalité des droits sur l'ensemble du territoire de la république : c'est celle portée par les communistes.
Mon propos n'est pas de revenir ici sur la conception de la droite, dont les conséquences dramatiques pour notre pays sont de plus en plus évidentes mais plutôt d'en envisager l'alternative.
La conception socialiste a été particulièrement développée par l'Association des Régions de France (ARF), à la main du PS. Dans le dossier de presse de sa conférence du 20 avril dernier présentant l'acte 3 de la décentralisation on lit : « S’agissant des lycées professionnels de l’Éducation nationale et de l’Agriculture, compte tenu de leur importance en terme de développement économique, un transfert complet de compétence, portant sur la complémentarité entre formation traditionnelle et formation alternée, sera mis en oeuvre. »
Cela pose une première question majeure sur le rôle accordé aux lycées professionnels et agricoles : et sur le sens même de l’enseignement voulu dans les établissements scolaires : doit on privilégier une formation inféodée à son rapport au développement économique (et nous ne sommes plus très loin de la politique de Luc Chatel) ou une éducation, facteur d'émancipation humaine globale ? Quelle place des lycées professionnels et agricoles pour pour favoriser l’appropriation par tous d'une culture de haut niveau et l'évolution rapide vers une scolarisation obligatoire jusqu'à 18 ans sur des principes pédagogiques rénovés, dans des conditions qui donnent envie d'apprendre ?
La deuxième question est tout aussi essentielle : comment garantir la même éducation partout en France si tout une part des établissements scolaires ne sont plus de la responsabilité du Ministère de l'Education Nationale ?
Une note de l'ARF, restée plus confidentielle, pose des questions tout aussi inquiétantes sur l'orientation : « les psychologues scolaires, qui restent personnels de l'Education Nationale, sont recentrés sur la lutte contre le décrochage scolaire. L'Education Nationale est responsable du parcours scolaire et donc de l'affectation. L'accompagnement dans la définition du projet professionnel relève de la compétence de la région. Les professionnels de l'orientation métier sont regroupés dans des Espaces Métiers, largement articulés avec les branches professionnelles."
Certes, les jeunes aspirent à la rencontre avec des professionnels pour découvrir d'autres métiers que ceux de leurs parents : cela peut effectivement se faire dans le cadre d'une collaboration entre l'éducation nationale et l'indispensable service public d'orientation nécessaire aux adultes pour développer la promotion professionnelle dans un cadre de sécurité emploi formation. Cette découverte des métiers serait d'ailleurs bien mieux faites par les salariés que par leurs employeurs !
Mais la rupture entre éducation nationale et orientation métier serait dramatique : le choix d'un métier n'est qu'un élément d'un choix de vie, qui se construit tout au long de la jeunesse dans un processus global d'apprentissage aux choix qui ne peut appartenir qu'à l'Education Nationale.
L'ambition nécessaire d'un développement éducatif sans précédent, rompant avec les inégalités socio-culturelles ne peut se réaliser par un morcellement de l'Education Nationale, surajoutant aux inégalités sociales, des inégalités régionales, confondant orientation et choix d'un métier. Aujourd'hui les formations professionnelles, demain le sport, la culture (c'est d'ailleurs souvent dès aujourd'hui que des communes se substituent à une Education Nationale rabougrie dans le primaire.) et après demain la privatisation ?
C'est une toute autre conception de la décentralisation qui est nécessaire, permettant un exercice démocratique réel, facilitant l'intervention citoyenne, l'intervention des salariés dans leurs entreprises pour y développer la formation, articulant les politiques locales avec une politique nationale garante d'un ambitieux service public de l'Education Nationale, comme d'un grand service public de l'Emploi et de la formation pour les demandeurs d'emploi et les salariés. C'est à ce prix seulement que pourront se conjuguer démocratie et lutte contre les inégalités, garantie des mêmes droits sur l'ensemble du territoire.

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 09:40

L'ensemble des organisations syndicales de l'AFPA appelle à une journée d'action avec manifestation à Paris le 23 juin.

Les salariés prennent ainsi en main l'avenir de leur association comme ils essaient coûte que coûte d'en maintenir la qualité des formations qui y sont assurées, au quotidien, malgré une "réorganisation" qui déstabilise l'activité. Vous pouvez lire leur appel en cliquant ici.

De nombreux soutiens s'expriment comme celui de l'association nationales des élus communistes et républicains (à lire en cliquant ici). André Gérin, député communiste du Rhône a écrit au premier ministre (à lire en cliquant ici). André Chassaigne, député communiste du Puy de Dôme, a posé une question à l'Assemblée Nationale qui vous pouvez retrouver en cliquant ici.

La journée du 23 juin pourrait s'annoncer comme une grande journée de mobilisation des salariés qui travaillent dans le champ de l'insertion et de la formation, car les organisations syndicales des personnels des missions locales appellent également à un grand rassemblement sur le champ de mars à Paris ce même jour. Le gouvernement est en train d'organiser la diminution des moyens des missions locales en voulant les transformer en annexes de Pôle Emploi et en ne leur permettant plus de prendre en charge les jeunes dans leur globalité.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 01:14

Les conseillers régionaux de droite ne manquent quand même pas de culot, à moins que cela ne soit pure incompétence et qu'ils ne se soient contentés de reprendre l'avis du CESER qui dit que le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations est inachevé.

En effet l'essentiel de la critique de la droite a consisté à dire que ce CPRDFP manquait de souffle !

Mais à qui la faute ? Le gouvernement a bien fait passer une loi en novembre 2009 imposant aux conseils régionaux de signer un tel contrat avant le 1er juin de l'année suivant leur élection (donc en l'occurrence le 1er juin 2011) mais il a tellement traîné à publier les circulaires d'application que les premiers contacts avec les services de l'Etat, c'était qu'il était urgent d'attendre ..... les consignes !

L'élaboration d'un diagnostic partagé a été fort compliquée à cause de qui ? A cause d'un recteur aux ordres du ministre de la fermeture de classes, je veux parler ainsi de Luc Chatel. La plus petite allusion à ce qui venait avant la formation professionnelle, le collège ou l'école maternelle était bannie. C'est pourtant bien cela qui conditionne l'aptitude des jeunes à profiter à plein de la formation professionnelle.

Alors, on en a passé du temps à négocier un diagnostic partagé qui n'est d'ailleurs en fin de compte qu'un plus petit dénominateur commun, mais il fallait avancer !

Après, on a attendu les propositions du Recteur, jusqu'au 11 mars, car il voulait les annoncer lui-même !
Alors évidemment, le CPRDFP est inachevé et j'ai une infini reconnaissance pour les services de la région qui ont réussi à faire un document qui tient la route et qui reprend toutes les propositions sérieuses des services de l'Etat ou des partenaires sociaux en aussi peu de temps (quand je parle de propositions sérieuses, c'est pour dire que l'on a évidemment repris toutes les propositions sauf celles qui étaient contraires aux objectifs affichés par le conseil régional d'élévation du niveau de qualification de tous, de solidarité ...)
Evidemment, il aurait fallu une carte des formations initiales pour la durée du CPRDFP, mais à l'allure où étaient parties les négociations avec le Rectorat, il fallait encore au moins deux ans ! On a juste contractualisé une méthode. Mine de rien, c'est une première en région.

Je ne reviendrais pas sur le débat sur l'apprentissage : il est faussé par l'absence d'allocation d'autonomie des jeunes et les jeunes n'ont pas le libre choix qui serait nécessaire entre formation en lycée professionnel et apprentissage ! Là aussi, le CPRDFP est inachevé : pour l'instant il est seulement acté (et ce n'est pas rien car cela va être signé par le préfet) que l'objectif donné par Xavier Bertrand de 12000 apprentis en région en 2013 est trop élevé !
Sur le service public de l'orientation, je m'amuse : le Recteur a souhaité que soit renforcé dans le texte l'importance des CIO. J'ai encore redit ce matin qu'il ne fallait pas que ce soit uniquement dans les mots, mais aussi dans les faits avec des moyens concrets !

Enfin, toute la partie sur la sécurisation des parcours professionnels va permettre de faire de petits pas mais on ne peut faire que des petits pas tant que les entreprises ont comme principe de multiplier les emplois précaires (et il faudrait vraiment des lois là dessus) et que le gouvernement ponctionne pour ses fins de mois le FPSPP, le fond paritaire de sécurisation des parcours professionnels qui, comme son nom l'indique à pour but, non d'alimenter les caisse de l'etat, mais d'oeuvre à la sécurisation des parcours professionnels.
Bref, le CPRDFP a un goût d'inachevé : c'est l'état actuel de ce qui peut être fait en commun avec des services de l'Etat aux ordres d'un gouvernement qui considère que la formation coûte cher et veut la réserver à son élite et avec les organisations patronales et syndicales.

Mais il y a quand même 37 actions à mettre en oeuvre : du pain sur la planche et de quoi rendre ce contrat concret !

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 20:07

Je souris en parlant d'évènement en ce qui concerne la tenue du CAEN (conseil académique de l'Education Nationale), mais la rareté des réunions de cette instance fait que cela devient un véritable évènement. C'est pourtant la seule instance où sont réunis, au niveau de l'académie, les personnels de l'Education Nationale, les représentants du Rectorat, mais aussi des élus régionaux, des parents d'élèves, des élus des autres collectivités, des représentants du monde socio-économique ...

Mais il paraît que cela va changer, a dit le nouveau Recteur, Mr Cabourdin, premier Recteur non issu du monde universitaire.

Ce CAEN a permis de voir la profondeur du mécontentement contre la politique de l'Education Nationale du gouvernement, les suppressions de postes, les fermetures de sections.

A tel point que finalement, le débat n'a pas été très long sur le contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP - pour en savoir plus sur ce sujet, cliquez ici)

Nous en sommes maintenant à la phase finale de ce CPRDFP : vendredi prochain, il y aura l'avis du CESER (conseil économique, social et environnemental régional) et du CCREFP (Comité de coordination régionale de l'emploi et de la formation professionnelle) avant la session plénière du conseil régional sur ce sujet le 23 mai.

J'ai un avis mitigé sur ce CPRDFP :

- c'est à l'évidence une occasion ratée : en associant la cohérence nationale nécessaire à l'égalité des droits des citoyens, à l'égalité d'accès à la formation et l'indispensable démocratie locale, garantie de la qualité, organisée par les conseils régionaux, une contractualisation forte entre l'Etat et la Région contribuerait à une meilleure organisation.

Or là, nous restons sur des principes.

- mais une dynamique forte s'est mise en place : la volonté, que j'ai affichée, de tenir compte de tous les avis porte ses fruits et les bases sont posées pour avancer dans la coordination des politiques de formation en région pour qu'elles soient plus efficaces, car davantage sous le contrôle des citoyens, sous le contrôle des salariés. Et même avec le Rectorat a été construit le cadre d'in dialogue ! Car avant de passer un contrat, il faut déjà se rencontrer !

La question des délais d'élaboration du CPRDFP a pesé lourd. Alors qu'il était déjà très contraint par la loi, le gouvernement a tardé à publier les circulaires d'application, retardant d'autant le début de ce qui aurait du être la nécessaire discussion entre ses propositions, celles des conseils régionaux et des partenaires sociaux.
Son seul but était d'imposer sa vision, tout particulièrement sa vision d'une éducation nationale élitiste, refoulant la majeure partie des jeunes vers une préparation directe à l'emploi au détriment d'une formation complexe, émancipatrice, préparant à la vie d'adulte dans sa globalité.
Considérant les conseils régionaux comme de simples services décentralisés de l'Etat que l'on prive même de la capacité d'anticipation, les rectorats ont eu pour consigne de laisser dans un flou théorique toute discussion sur les cartes des formations des lycées professionnels, un élément pourtant indispensable à une bonne gestion pour les conseils régionaux : le ministre de l'Education Nationale veut se garder les mains libres pour appliquer la politique de RGPP et supprimer des postes d'enseignants tout en favorisant le développement des formations dans l'enseignement privé.

Alors, certes, on aurait pu demander un délai pour la signature de ce CPRDFP, comme dans d'autres régions : mais ce ne sont pas quelques semaines supplémentaires qui étaient nécessaires (même si évidemment cela aurait permis quelques enrichissements de plus) : ce sont des mois pour passer à une étape qualitativement différente.

Là, on va avoir l'avantage d'acter l'état actuel de la coordination des politiques de formation en région et sans partir dans une fuite en avant vers un accord impossible, commencer à traduire dans le concret ce qui est dans le contrat et c'est déjà une quantité tout à fait impressionnante de projets !

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 21:18

Après la grève du centre AFPA de Montcy St Pierre, c'est, ce jeudi 7 avril un mouvement national de grève que suivent les salariés de l'AFPA à l'appel de leurs organisations syndicales. Pour voir l'appel national, cliquez ici et pour voir l'appel en Champagne Ardenne, cliquez ici.
Aux ordres d'un patronat qui veut faire des profits sur la formation, les gouvernements ont organisé depuis 2004 et la loi de décentralisation, un démantèlement complet de l'AFPA, souhaitant ainsi ouvrir un boulevard aux organismes de formation à but lucratif.
Les résistances des conseils régionaux, en Champagne Ardenne la mise en place du Réseau Public Régional de Formation Professionnelle, ont contrarié ces projets de casse. Alors, une nouvelle stratégie s'est mise en place : celle d'un sabotage de l'intérieur organisé par une direction de l'AFPA aux ordres du MEDEF et du gouvernement.
La réorganisation de l'AFPA, qui s'apparente plutôt à une désorganisation, casse ce que des générations de formateurs avaient construits, donnant à l'AFPA une réputation inégalée de qualité.
Je partage profondément le désarroi de ces salariés, leur souffrance devant le fossé qui sépare ce qu'ils aimeraient faire pour leurs stagiaires et le nouveau management digne des pires heures de France Télécom.
Il y a urgence à ce que la direction générale de l'AFPA change son fusil d'épaule. Les mécanismes de relation mis en place en Champagne-Ardenne entre l'AFPA et le Conseil Régional sont contraints par les lois. Mais il ne demande pas à l'AFPA de pressurer les personnels pour faire des économies : il lui demande de faire de la formation de qualité !

J'ai rencontré le directeur général de l'AFPA en février. Nous ne parlons pas le même langage : il m'a assuré réorganiser l'AFPA pour que cela coûte moins cher. Je lui ai expliqué que les mécanismes de financement que nous avions mis en place avec paiement d'obligations de service public avaient pour but de permettre de conserver la qualité des formations de l'AFPA.
Et, plus globalement, il y a urgence à ce que le gouvernement reprenne en main le dossier de l'AFPA : ses dernières propositions sur le patrimoine de l'AFPA ont été invalidées par le conseil constitutionnel. Il ne peut pas faire la politique de l'autruche après cet échec en laissant ce dossier dormir dans un placard !
Que les salariés de l'AFPA soient assurés de mon soutien !

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 00:00

La réponse, c'est NON

Et c'est catastrophique.

Et en plus, le gouvernement ment !

poleemploiL’allocation en faveur des demandeurs d’emploi en formation (Afdef) est en suspens depuis la fin 2010.
Comme tous les ans, l'incertitude pénalise les demandeurs d'emplois qui hésitent à s'engager dans une fomation en ne sachant s'ils pourront avoir une rémunération après la fin de leur période de chômage indemnisé et se demandent s'il ne vaut pas mieux rester libres pour accepter n'importe quel emploi plustôt que de se qualifier, car ils ont tout simplement besoin d'avoir de quoi manger !
Le mercredi 23 février, Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’Emploi et de la Santé annonçait sur TF1au cours du journal de 20 heures. « Nous allons la remettre en place, dans les semaines qui viennent, et il y aura même un effet rétroactif au début de l’année »

Mais il n'a pas dit comment ! Et ce n'est toujours pas fait.

C'était un mensonge prévisible, puisque le ministre annonçait, mais demandait aux autres de faire ! Aux autres, c'est à dire :
- à Pôle Emploi, lorsque les demandeurs d'emploi sont dans des formations financées par Pôle Emploi. Si ce n'est que le conseil d'administration de Pôle Emploi ne s'est pas mis d'accord sur ce diktat du gouvernement !
- aux régions, avec un vrai risque d'inégalités car toutes les régions ne financent pas des rémunérations aux stagiaires de la formation professionnelle comme en Champagne Ardenne et un transfert de charges masqué aux régions : en Champagne Ardenne, cela devrait être une dépense supplémentaire de l'ordre de 700 000 à 1 million d'euros !

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