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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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Pour me contacter :
michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 13:06

CNFPTLVC'est avec un peu de retard que je reviens dans ce blog sur la dernière réunion du Conseil National de la Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie. Cette réunion, le 18 décembre, a vu l'installation de la nouvelle présidente de cette instance, Mme Danielle Kaisergruber par le Ministre délégué à la formation professionnelle (ce sont les deux personnes au centre de la photo).

Une part essentielle de la réunion a porté sur le compte individuel de formation.

Mais c'est sur le rapport sur le financement de l'apprentissage en France que je voulais revenir pour vous donner quelques éléments.apprentissaage

Tout d'abord, j'avais envie de vous permettre de comparer deux chiffres : globalement en 2010, 18 500 € ont été dépensés en moyenne par apprenti dont 13.100 hors rémunération. Pour mémoire, le coût moyen d’un élève du second cycle professionnel se monte à 12.000€ !

Et ensuite de vous faire remarquer la participation particulièrement faible des entreprises aux dépenses d'apprentissage en Chmpagne Ardenne (et évidemment en contre partie, l'importance des dépenses du conseil régional). Comparez un peu avec l'Ile de France !

Vous pouvez retrouver l'ensemble du rapport sur le financement de l'apprentissage, validé le 18 décembre sur le site du CNFPTLV en cliquant ici.

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Published by Michèle Leflon - dans Formation Education
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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 23:13

ump absenteDans le cadre de cette session sur les orientations budgétaires, mon intervention concernant les questions de formation a sans doute été un peu décousue, car faite de réponses aux interventions précédentes. Je vais quand même essayer de vous en donner la substance, en tentant d'être claire pour vous qui n'avez pas entendu ce qui avait précédé.
Tout d'abord quelques questions en rapport avec ce qui est appelé l'acte III de la décentralisation, celle de l'illettrisme déjà, dont on parle souvent dans la commission formation professionnelle du conseil régional. Je me réjouis que la question de l'illettrisme soit posée dans ce cadre, car la limite entre action contre l'illettrisme et formation est floue et il y a certainement intérêt à mieux lier les deux en ce qui concerne l'illettrisme des adultes, la formation de type professionnel pouvant être aussi une incitation à la lecture et l'écriture, moins stigmatisante que d'adresser ces personnes vers des actions étiquetées "illettrisme". Evidemment la prévention de l'illettrisme à l'école relève de l'Education Nationale et il faut un vrai inventaire des différents domaines de lutte contre l'illettrisme pour donner les bonnes compétences au bon niveau. Il y a eu une rencontre entre la commission formation professionnelle du conseil régional et des membres du CESER sur la formation des demandeurs d'emploi et a été proposé de demander au Président du Conseil Régional de saisir le CESER pour qu'il poursuive les travaux engagés il y a deux ans, dans le cadre d'une autosaisine sur l'illettrisme et donne son avis sur ce que devrait être la politique de la région dans ce domaine, comme d'ailleurs le CESER avait été saisi en 2004 pour préparer la décentralisation de l'orientation, décentralisation qui heureusement n'a pas eu lieu, mais cela avait conduit à un avis du CESER qui a guidé depuis notre politique dans ce domaine.
Le point suivant de mon intervention a d'ailleurs porté sur l'orientation : j'y ai redis ce que j'avais dit au CAEN et je vous invite donc à aller relire sur ce point le billet correspondant en cliquant ici.
J'ai ensuite abordé la question de la formation des demandeurs d'emploi pour prendre acte que la prescription de formation par Pôle Emploi interpellait (pour ne pas dire plus), dire que cela va un peu mieux avec le protocole opérationnel signé entre Pôle Emploi et la région qui va d'ailleurs être reconduit, avec le logiciel Resaform qui permet aux conseillers de Pôle Emploi, mais aussi des missions locales et bientôt des Cap Emploi, de voir toutes les possibilités de formation, que ce soit celles financées par la Région ou par Pôle Emploi, mais que le problème de fond était le manque de conseillers Pôle Emploi qui n'ont pas le temps nécessaire pour discuter avec les chômeurs de leur projet de formation. Par contre, si le nombre de stagiaires de la formation professionnelle trouvant un emploi durable à l'issue de leur formation est aussi faible, c'est bien comme cela avait été dit lié au faible nombre d'emploi en CDI dans les annonces de Pôle Emploi, mais ce n'est pas de la faute du gouvernement, ni même seulement du précédent, mais bien du capitalisme, des patrons. Les négociations en cours entre les organisations patronales et syndicales qui devaient porter sur la sécurisation des parcours professionnels et qui sont en train de se transformer à la demande du patronat en organisation de la précarité en sont le témoin. Le gouvernement aura toutes ses responsabilités quand viendra le moment de transformer l'accord, si accord il y a, en loi.
Enfin, dernier point, l'AFPA. Comme Karine Jarry l'avait indiqué plus tôt, les salariés de l'AFPA sont dans l'action ce jour. Depuis maintenant six mois, les déclarations ministérielles se succèdent, se voulant rassurantes sur l'avenir de l'AFPA, mais cela ne règle pas la situation qui devient chaque jour plus urgente. Les demandes d'Yves Barou, le nouveau président de l'AFPA, au gouvernement pour assurer l'avenir de l'AFPA sont de deux ordres : régler la question du patrimoine, à priori sous forme de baux emphytéotiques (il semblerait que les négociations traînent en longueur sur le loyer qui serait payé par l'AFPA à l'Etat) et recapitaliser l'AFPA, qui n'a jamais eu aucun fond propre. J'ai redemandé (je lui avais déjà fait une note en ce sens) au président Bachy d'intervenir en ce sens auprès de T. Repentin, le ministre de la formation, car il ne suffit plus que celui-ci promette, il faut qu'il fasse !

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 16:53

Un conseil Académique de l'Education Nationale s'est tenu mercredi dernier. Voici quelques éléments sur les interventions que j'y ai faites.

- Tout d'abord sur l'orientation : la FSU a fait savoir son inquiétude dans ce domaine dans sa déclaration préalable. J'ai profité du débat sur les résultats des examens 2012 pour intervenir sur ce sujet. Voici en substance ce que j'ai dit : les résultats posent, comme cela vient d'être dit, des questions sur l'orientation et de ce point de vue, je voudrais dire ici combien je comprends l'inquiétude des personnels enseignants.
Les temps ont effectivement changés, au moins en terme de transparence : nous connaissons un avant projet de texte de loi sur la refondation de l'école mais il y a aussi un avant projet de loi sur la décentralisation qui circule depuis quelques jours. C'est bien car cela permet d'engager le débat avant qu'il ne soit trop tard. En effet il y a des choses très inquiétantes. Dans l'avant projet de loi de décentralisation  est envisagé le transfert des biens meubles et immeubles des CIO aux régions. De plus il est prévu et je cite que "Lorsqu’ils exercent leurs fonctions dans les centres d’information et d’orientation, les personnels relevant du ministre de l’éducation nationale sont placés sous l’autorité de la région, dans les conditions fixées par une convention conclue entre l’autorité académique et la région ». Ceci est absurde et de nature à ruiner les efforts faits en Champagne Ardenne pour que les différents services d'orientation travaillent en commun, en particulier à travers la charte qui a été signée à l'automne entre les différents réseaux. Ceci repose sur la confiance entre les différents partenaires et le respect des prérogatives de chacun. Si l'on veut élever le niveau d'étude des jeunes Champardennais, il y a besoin d'un service d'orientation de l'Education Nationale, pas qu'on mélange avec des dispositifs plutôt à destination des demandeurs d'emplois ou des salariés qui cherchent une reconversion : les échelles de temps ne sont pas les mêmes. Il y a effectivement besoin d'un travail en commun pour que les scolaires puissent avoir des informations sur les métiers auprès de professionnels près de chez eux, mais cela nécessite un accompagnement spécifique, une mise à distance si on veut que les jeunes s'orientent vers des poursuites d'études, bref cela suppose de ne pas mélanger le service d'orientation de l'Education Nationale avec les autres services d'orientation.
- Sur la carte des formations professionnelles (pour information à mes lecteurs, la question de l'enseignement général et technologique des lycées n'était pas à l'ordre du jour), j'ai souligné les progrès faits depuis la signature du Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles dans la concertation et la coordination des politiques de l'Etat et de la Région pour établir la carte des formations professionnelles initiales. C'est la première fois que l'on a ainsi un CAEN avant les décisions. J'ai cependant fait remarqué que pour que les participants n'aient pas l'impression que c'est une fausse concertation, il faudrait des bougés d'ici février. J'ai ensuite interrogé sur le projet de bac pro en apprentissage en liaison avec EDF à Givet qui ne figure pas dans les listes de projet de nouvelles sections en apprentissage pour la rentrée prochaine. La réponse qui m'a été apportée était que le dossier était en cours d'instruction, mais que si le Rectorat et le Conseil Régional tenaient leurs promesses, on ne pouvait pas encore en dire autant des autres partenaires. J'ai plaidé pour l'ouverture d'un BTS électrotechnique au lycée de Revin, au vu de l'intérêt d'une filière post bac dans cette ville pour élever le niveau d'études des jeunes du secteur, des besoins de main d'oeuvre dans ce domaine (avec des demandes en particulier d'ERDF). Réponse : il y a déjà un BTS électrotechnique à Reims et il y a surtout des besoins dans le sud de la région.
Enfin je suis intervenue sur le projet d'ouverture d'un nouveau CFA porté par l'AGEFA PME en région pour rappeler que le CCREFP avait voté contre : c'est une expérimentation portée par la CGPME en Champagne Ardenne et la décision prise dans la région sera donc regardée avec attention. Il n'est pas acceptable de valider un tel projet de CFA privé hors murs ayant prévu de s'installer dans les lycées publics ! Ce mélange public-privé n'est pas tolérable, source de confusion. Cela n'est pas donner un avis négatif sur les formations proposées, qui pourraient parfaitement trouver place dans le CFA académique public.

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 22:31

Des promesses lors de la conférence sociale en juillet ...

Mais depuis les salariés de l'AFPA attendent des signes forts du gouvernement. Alors aujourd'hui, ils étaient dans les rues de Paris à manifester, 3000 soit presque un tiers des salariés, et beaucoup plus en grève.

L'AFPA va mal. Elle a été cassée par le gouvernement sarkozyste aux ordres de ceux qui voudraient faire du profit sur la formation.

En juin, le gouvernement faisait état de sa mobilisation (vous pouvez retrouver mon article en cliquant ici). Alors pourquoi une telle manif aujourd'hui ?

Oui, il y a des choses qui ont changé : un nouveau président pour l'AFPA, le départ du directeur et depuis quelques jours un plan de refondation préparé par Yves Barou, le président, complètement impliqué dans le sauvetage de l'AFPA, un plan de refondation qui pourrait donner de l'espoir avec une vraie réflexion sur l'évolution de la formation professionnelle, le respect du personnel, reconnu comme la vraie richesse de l'AFPA, une vision de service public ... Evidemment, il faut voir à l'usage et ne pas se contenter de lire les déclarations, mais tout cela parait bien positif.

Et pourtant ...

Et pourtant, le sauvetage de l'AFPA nécessite d'autres choses, qui ne dépendent que du gouvernement. Cela fait des jours que les organisations syndicales de l'AFPA demandent une entrevue : il aura fallu une manif pour qu'elles soient reçues !

Et, au délà d'un rendez vous, il faut :

- que le gouvernement recapitalise l'AFPA 

- que la question du patrimoine soit résolue ! Des baux emphytéotiques permettraient à l'AFPA d'avancer et ce genre de décision pourrait aller très vite pour autant que le gouvernement y soit décidé (pas besoin par exemple de demander l'avis de la commission européenne, comme cela avait été le cas quand le ouverment précédent avait décidé de donner le patrimoine à l'AFPA et s'était retrouvé face à une interdiction de l'Europe !)

- et pour un avenir durable de l'AFPA, une vraie ambition pour la formation professionnelle dans notre pays ! Car il y en a des gens qui ont besoin de formation, qui ont besoin de l'AFPA ! Ce qui manque, ce sont les financements. Rappelons nous, en 2004, la droite avait décentralisé la formation des demandeurs d'emploi aux régions, sans un centime de compensation. Le changement c'est maintenant, avons nous entendu. Alors on change vraiment ! Et plutôt qu'un pacte de compétivité synonyme d'austérité, l'investissement dans la formation, ça ne serait pas mal ! (et je ne ferais pas ce soir le débat sur la décentralisation, car que ce soit directement l'état ou les régions redistribuant les dotations, c'est toujours une bonne manière d'utiliser l'argent public !)

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 16:40

J'ai terminé ce jeudi en Haute Marne mon tour des départements de la région, devenu traditionnel en cette période de l'année pour mieux préparer le programme régional de formation financé par le conseil régional à l'attention des demandeurs d'emplois : rencontre avec les organismes qui s'occupent des demandeurs d'emploi comme Pôle Emploi et les missions locales, mais aussi avec des représentants des commnunautés d'agglomération ou de pays ou des organisations patronales ou syndicales : six réunions (deux dans les Ardennes, une dans la Marne, une dans l'Aube et hier deux en Haute Marne) pour informer des nouveautés résultant de la mise en application du contrat de plan régional de développement des formations, proposer les orientations du conseil régional et écouter.

Déjà, je dois dire que nous avons réglé en Champagne Ardenne la question de l'articulation avec Pôle Emploi : Pôle Emploi finance également des formations à l'attention des chômeurs. Plutôt que de l'ignorer un accord est passé : Pôle Emploi finance des formations d'adaptation à l'emploi de moins de 450 heures et le conseil régional des formations qualifiantes plus longues (sauf exceptions, mais, elles aussi en concertation). Moyennant quoi, les velléités d'autres régions qui souhaitent, dans le cadre d'un acte 3 de la décentralisation, récupérer la maîtrise des financements de Pôle Emploi me paraissent assez incongrues : c'est de l'argent de l'assurance chômage et l'implication des organisations patronales et syndicales dans sa gestion doit rester. C'est un des moyens pour aller vers une sécurisation des parcours professionnels par une implication des entreprises.

Nous avons aussi améliorer l'accès à la formation par un logiciel permettant aux agents de Pôle Emploi et des missions locales de savoir en temps réel la disponibilité des places de formation. C'est tout nouveau, mais ça a l'air de donner satisfaction et d'être réellement un plus.

Evidemment, cela ne règle pas la question de la disponibilité insuffisante des personnels de Pôle Emploi (et j'ai d'ailleurs apprécié à ce sujet l'intervention de la représentante de la CGT dans la Marne)

Les débats ont évidemment été différents dans les six réunions, en fonction des contextes locaux ou des préoccupations des participants : c'est souvent l'occasion pour moi d'apprendre en direct des difficultés particulières, comme le refus de la SNCF de poursuivre une convention avec les missions locales qui permettaient à celles-ci de payer des billets de trains à des jeunes qui en avaient besoin dans le cadre de leur démarche d'insertion, sans être obligé de donner l'argent au jeune lui-même. La convention a cessé car les missions locales ne consommaient pas assez de train au goût de la SNCF. Et un truc de plus pour compliquer la tâche des conseillers des missions locales.

On a parlé de beaucoup de choses, des emplois d'avenir dans la Marne, de la difficulté des emplois dans l'hotellerie restauration, des emplois de service aux personnes (à ce sujet, nous sommes en train de travailler à un contrat d'objectif et de moyens sur la formation dans les services de proximité, plus large, mais incluant aussi les services à la personnes), des personnes en situation de handicap (le conseil régional vient de conventionner avec l'AGEFIPH) ...

Un dernier mot sur la métallurgie : hier une représentante syndicale a fait état de ses camarades qui travaillent dans des entreprises qui risquaient de fermer et qui auraient beaucoup de mal à retrouver un emploi car ils étaient, malgré leurs compétences, sans qualification, et pour certains en difficulté avec la lecture et l'écriture. Je n'ai pu m'empêcher de me remémorer les responsables patronaux de la métallurgie qui disent qu'ils n'y a pas besoin d'action sur l'illettrisme dans leur branche, car tous leurs salariés sont qualifiés !

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 13:42

 

François Hollande a exposé le 9 octobre les grands axes de sa politique éducative. On ne peut que se féliciter de l’importance accordée à l’école et des objectifs ambitieux qui ont été affichés : non seulement lutter contre l’échec scolaire, mais bien assurer la réussite de tous et construire l’école de l’avenir. On se réjouit encore de voir le président reprendre à son compte des propositions portées depuis longtemps par les organisations syndicales : scolarité des moins de 3 ans, plus de maîtres que de classes en primaire... Et quand François Hollande affirme la nécessité d’une refondation de l’école, nous disons : chiche !

Mais que deviendront dans les faits ces propositions face aux exigences des marchés financiers ? Comment seront-elles mises en œuvre si la France est condamnée à l’austérité par la ratification du pacte budgétaire européen ? Le PCF, avec tous les acteurs de l’éducation et l’ensemble des citoyens, saura rester vigilant pour que les bonnes intentions ne tournent pas court. L’idée que les devoirs des élèves doivent être pris en charge sur le temps scolaire a ainsi de quoi séduire : elle semble rompre avec le transfert des missions d’éducation du service public vers les familles et les collectivités locales. Elle va dans le sens de la prise en charge de l’ensemble des apprentissages nécessaires à la réussite des enfants par le service public d’éducation nationale... à condition que cette aide aux devoirs soit bien assurée par des enseignants sous statut de la fonction publique et sur leur temps de service, et non par des précaires ou des associatifs, payés par l’établissement ou la collectivité territoriale.

François Hollande répond à l’exigence d’un pré-recrutement des enseignants, permettant d’attirer plus de jeunes vers le métier et de leur assurer de bonnes conditions de formation, par des "emplois d’avenir professeurs" : des contrats de droit privés. Ces emplois vont obliger l’étudiant à travailler tout en finissant son master et en préparant son concours... Une mission impossible, qui ne peut que nuire à la formation. Déjà, l’ambition est sacrifiée aux exigences budgétaires. Déjà, le gouvernement remplace les grandes réformes par du bricolage, faute de vouloir y mettre les moyens nécessaires.

L’école a besoin de moyens nouveaux, mais tout n’est pas question de moyens. Et au-delà des difficultés budgétaires, le projet présenté par François Hollande a de quoi inquiéter. Pour enseigner des savoirs plus complexes à plus d’enfants, il faudra du temps. De ce point de vue, le retour annoncé à la semaine de 9 demi-journées est une bonne chose. Mais il ne doit pas servir de prétexte à la réduction du temps scolaire, sous prétexte de rythmes. Nos enfants n’ont pas besoin de moins d’école, mais de plus et mieux d’école.

Si les objectifs affichent un désir de rupture avec les politiques libérales des années précédentes, les mesures proposées, elles, s’inscrivent dans la droite ligne des réformes de l’école menées ces 10 dernières années. Ainsi, comment peut-on assurer la réussite de tous si les objectifs ne sont pas les mêmes pour toute une génération d’élèves ? En maintenant la distinction entre un socle commun enseignable à tous dans le cadre de la scolarité obligatoire et des programmes plus ambitieux, réservés aux quelques-uns qui seront destinés aux études longues, le projet socialiste refuse de rompre avec l’école inégalitaire. C’est le maintien d’une école à deux vitesses.

Comment donner à tous un même accès aux savoirs, si la politique éducative est différente d’un territoire à l’autre ?

Pour assurer la réussite de tous, il faut renforcer le cadre national du service public d’éducation et rompre avec toutes les mesures qui, sous couvert d’autonomie, ont mis les établissements et les territoires en concurrence les uns avec les autres. Au contraire, François Hollande propose de transférer toujours plus de compétences et de dépenses vers les collectivités territoriales !

Ce seraient ainsi aux régions de prendre en main la carte des formations professionnelles et le service public de l’orientation. Ce serait encore aux collectivités territoriales d’assurer l’accès des élèves à des activités périscolaires après la fin d’une journée de cours raccourcie. Ces mesures vont à l’encontre de l’objectif affiché de luttes contre les inégalités et s’inscrivent dans la continuité de la construction d’une école de la concurrence.

Depuis des années, nous nous battons contre la refondation libérale de l’école, qui fait régner la concurrence, aggrave les inégalités et divise les salariés et les citoyens de demain. François Hollande et le gouvernement doivent avoir le courage de rompre avec cette politique.

C’est urgent ! Le PCF continuera à travailler à la construction d’une école qui réponde à l’aspiration du peuple et aux besoins de l’avenir : une école de l’émancipation et de l’égalité, transmettant à tous une culture commune ambitieuse et donnant à chacun les moyens de maîtriser les choix individuels et collectifs auquel il sera confronté.

Il appelle tous les acteurs de l’éducation, tous les salariés, tous les citoyens à travailler à l’élaboration d’un projet progressiste pour l’école et à se mobiliser pour l’imposer.

A ce communiqué, j'ajouterai deux remarques : 

- la première, c'est qu'il ne faut jamais se réjouir trop vite comme je l'avais fait : j'avais apprécié en effet que dans les 15 engagements entre état et régions, signés récemment par le premier ministre et le président de l'association des Régions de France on parle de service public de l'orientation coordonné par les régions, mais sans y adjoindre le mot régional et qu'est ce que je lis dans le discours de F. Hollande : Plus largement, c'est toute l'orientation des élèves qu'il convient de revoir. L'objectif, c'est de passer d'une orientation subie souvent liée à l'origine sociale, à une orientation choisie débouchant sur une perspective professionnelle et à terme sur un métier. Ce sera le sens du service public régional de l'orientation qui coordonnera les dispositifs existants et qui proposera lorsque c'est nécessaire une deuxième chance.

Il y a un vrai besoin de coordonner les différents services qui s'occupent, à côté d'autres tâches, d'orientation pour les adultes (et les jeunes sortis de l'école) : Pôle Emploi, Missions locales, CRIJ, mais aussi les chambres consultaires, des OPACIF ... et c'est effectivement plus simple en région que nationalement. Il y a un vrai besoin de coordination avec le service public national de l'Education Nationale, pour aider celui-ci à mieux connaître la réalité locale, savoir où envoyer des jeunes qui veulent rencontrer des professionnels pour mieux appréhender la réalité du métier qu'ils souhaitent faire, pour enrichir les autres services d'orientation de la pratique qui est celle des copsy de l'Education Nationale. C'est tout le sens de la charte signée récemment en Champagne Ardenne, mais il y a un vrai danger pour l'égalité d'accès de tous les jeunes à la même école partout en France que l'orientation à l'école soit régionalisée et cette phrase du discours de F. Hollande est pleine de menaces !

Sans parler de la deuxième chance, ainsi confié au niveau régional : où va-t-on si l'Education Nationale se décharge de ses échecs ?

- la deuxième sera une invitation à aller lire l'intéressante critique du rapport sur la concertation par le sociologue, Choukri Ben Ayed en cliquant ici.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 17:05

Petit-logo-emplois-davenirComme l'a déclaré André Chassaigne, président du groupe communiste et du Front de gauche, à l'assemblée nationale, " il est urgent de se pencher sur la situation des jeunes, pas seulement pour leur répéter une énième fois qu’ils sont l’avenir de la France mais, pour rendre effectifs, maintenant, leurs droits à l’éducation, à la santé, au logement, à un travail qualifié et stable. Cela fait des années qu’au mot « jeunes » on accole trop souvent « échec scolaire », « précarité », « intérim ». Les coups portés à l’éducation nationale, les contrats au rabais, la non-reconnaissance des diplômes, font que, pour une multitude de jeunes, avoir les moyens de poursuivre ses études ou trouver un CDI s’assimile à décrocher la lune." (vous pouvez lire la totalité de son intervention en cliquant ici).

Grace aux députés communistes, avec l'adoption d'un amendement   qui prévoit, d’une part, que la demande d’aide devra préciser les actions de formation qui seront engagées et, d’autre part, tend à renforcer le tutorat, passé d’optionnel à obligatoire (Le non-respect de ces obligations devrait entraîner le remboursement de la totalité des aides perçues) et aux sénateurs communistes qui ont réussi à faire passer la notion que l'accompagnement par les conseillerus des missions locales devait avoir lieu pendant le temps de travail, le texte est un peu mieux.

Mais l'incertitude demeure encore sur le financement de la formation, et elle peut être faite hors temps de travail : une vraie galère pour ces jeunes.

Evidemment, on fera tout pour que cela soit bénéfique aux jeunes : mais c'est un peu un pansement sur une jambe de bois !

Car comment les collectivités, les associations pourront pérenniser ces emplois dans le cadre austéritaire qui va encore être renforcé si les traités européens européens sont adoptés, une adoption voulue par F. Hollande malgré toutes les voix qui s'élèvent contre, y compris dans son propre parti !

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 22:10

Dans le cadre de la consultation lancée par le gouvernement sur l'école avait lieu un Conseil Académique de l'Education Nationale ce matin, où ont été mises en débat les synthèses de réunions qui se sont déroulées en interne à l'Education Nationale, ou publiquement.

Je suis intervenue à deux reprises et je vais essayer de vous donner le sens de mes interventions :

La première était générale : il y avait urgence au débat, car les changements sont urgents, sur la formation des enseignants par exemple, dont le recrutement doit effectivement être démocratisé, mais la solution des emplois d'avenir est loin d'être parfaite !
Mais c'est frustrant  et comme d'autre, je n'ai pas pu aller dans les réunions publiques organisées dans la pécipitation : le débat doit contineur, car il y a de vraies questions de fond sur lesquelles il faut avancer. La lecture des synthèses transmises, en particulier celle des travaux des chefs d'établissement interroge en donnant l'impression que l'on veut une école qui n'est là que pour préparer à l'emploi, alors que certes, elle doit permettre aux jeunes de s'insérer ultérieurement dans l'emploi, mais elle doit aussi être émancipatrice et contribuer à lutter contre les inégalités socio-culturelles et pour avancer dans ce domaine, il faut refonder l'école sur la base de l'enfant qui n'a que l'école pour apprendre.

En intermède avant ma deuxième intervention plus technique (mais je sais que certains lecteurs cherchent ce genre d'informations sur mon blog), voici des nouvelles ardennaises apprises au cours du débat par la voix de la FCPE posant la question des incohérences avec le cas d'un lycée où il y a cours le samedi matin, mais pas de transports scolaires. Le Recteur en a rajouté en parlant d'un collège et d'un lycée dont les transports scolaires arrivent à 7 h 30 alors que les cours commencent à 8h10.

J'ai un très vieux souvenir d'une rentrée scolaire où les jeunes de Vrigne aux Bois avaient été affectés en seconde dans les lycées de Charleville et où le conseil général avait décidé de les emmener à Sedan.

Depuis, on a du changer de Président du Conseil général, mais l'absence d'adaptabilité des transports scolaires est toujours la même !

Ma deuxième intervention a concerné les points plus précis, mis en discussion : tout d'abord, en tant qu'élue régionale en charge de la formation professionnelle, je veux dire que le conseil régional continuera à travailler pour sécuriser les parcours à la frontière du système éducatif (l'un des points abordés concernait la question des décrocheurs) comme nous avons commencé à le faire dans le cadre du Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles, avec des dispositifs comme l'école de la deuxième chance ou les missions locales qui sont cofinancées par le conseil régional, car il y a un enjeu pour ces jeunes, mais dans les débats qui ont lieu dans le cadre de nouvelles décentralisation, je suis persuadée que la question des décrocheurs doit rester sous la responsabilité de l'Etat, car c'est nécessaire que l'Education Nationale assume ses échecs pour mieux apprendre à les prévenir. Ensuite, plutôt comme citoyenne connaissant le monde de la santé, j'ai beaucoup d'interrogations sur le document concernant la médecine scolaire (et la médecine du travail des personnels de l'EN) et la télémédecine. Il y a deux choses dans le rapport, tout d'abord la question du transfert de taches des médecins scolaires vers les infirmières, une question qui est transversale à d'autres domaines de la santé, mais encore faudrait il avoir des infirmières scolaires en nombre suffisant ! Ensuite pour poursuivre le débat sans obstacle rajouté, quand on parle de compétences supplémentaires pour les infirmières, il faut envisager que ce soient des qualifications reconnues et reconnues aussi par le salaire. Sur la question de la télémédecine, j'ai été amusée de l'exemple de l'électrocardiogramme : pour avoir travaillé pendant des années dans un hôpital où le service de cardiologie était à l'autre bout de la ville, je peux dire qu'il suffit d'un fax pour envoyer un électrocardiogramme, mais encore faut il au bout un cardiologue qui ait le temps de le lire ! Et je m'inquiète de ce genre de projet d'autant plus qu'il y a actuellement une confusion entre la télémédecine et la domomédecine sur laquelle la Champagne Ardenne est en pointe avec pour but de mettre en oeuvre de nouvelles technologies pour permettre de mieux répondre à certains besoins, comme d'ailleurs il a été évoqué dans un des rapports l'apport des TIC pour les jeunes en situation de handicap :  il ne faut pas que l'on en arrive à critiquer la domomédecine parce que l'on en fait des caricatures et déjà à la foire de Chalons on a entendu parler de l'intérêt de la domomédecine pour régler la question de la médecine du travail : cette question ne peut pas se régler sans des hommes et des femmes pour la faire !

Juste pour conclure, je me permets de rajouter que le Recteur a fait remarquer que l'EN est la seule administration sans médecine du travail.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 19:57

hq29Sans doute les deux !

Une bouffée d'oxygène pour les jeunes qui en bénéficieront, une bouffée d'oxygène pour les employeurs du secteur non marchand portant des activités d'utilité sociale.

Mais un coup d'épée dans l'eau vis à vis des questions de fond qui sont posées : celle de la sécurisation des parcours professionnels dès la sortie de la formation initiale, celle des raisons du chômage des jeunes, celle des causes de la sortie des jeunes sans qualification de l'école, celle de l'incapacité des employeurs du secteur non marchand à financer des emplois socialement nécessaires ...

Avant de revenir sur ces questions essentielles, permettez moi déjà d'aborder ces nouveaux contrats sous l'angle formation et de vous faire part de ma plus grande inquiétude ! Car ces jeunes sans qualification, le but me semble devoir être de les qualifier, sauf à vouloir uniquement baisser temporairement les statistiques du chômage des jeunes. Comment ?

Je cite le communiqué de presse publié à l'issue du conseil des ministres : "L’emploi d’avenir offre les conditions d’une première expérience professionnelle réussie. Il pourra aboutir à une pérennisation dans l’emploi créé, à l’acquisition de compétences donnant au jeune des perspectives nouvelles dans une activité d’avenir, ou à la reprise d’une formation, en alternance le plus souvent, en lien avec la motivation trouvée pour un métier. Ce parcours de réussite reposera sur un fort engagement des employeurs (tutorat, formation…) et un accompagnement renforcé assuré principalement par les missions locales."

Quelle reconnaissance pour l'acquisition des compétences ? A-t-on pour but de vouer ces jeunes au SMIC à vie, faute de diplômes et/ou à l'insécurité de l'emploi ?

Comment pourront ils reprendre une formation en alternance ? Leur faudra-t-il chercher un employeur pour un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation ? Ne pourrait on pas prévoir qu'au moins dans les cas où ces jeunes souhaitent se former dans le domaine découvert au cours de leur contrat d'avenir, leur employeur ne soit obligé de leur assurer ce contrat en alternance, sous une forme sans doute nouvelle, pas tout à fait contrat de professionnalisation pour permettre une durée suffisante, pas tout à fait contrat d'apprentissage pour garantir le maintien d'un salaire au moins équivalent au SMIC pour ces jeunes qui auront acquis une indépendance financière vis à vis de leurs parents et vieilli, voir qui seront chargé de famille ?

Qui financera la formation ? Il est bien beau de demander un engagement fort des employeurs, mais on ne le demande pas à ceux qui font du profit et qui en ont les moyens, on le demande aux employeurs du secteur non marchand qui en ont souvent la volonté mais pas les moyens !

L'exposé des motifs figurant en introduction au texte du projet de loi est plus dissert sur la question : "Le succès des emplois d’avenir reposera sur la mobilisation de tous les acteurs. Au premier chef, le Gouvernement souhaite travailler avec les régions afin que leurs dispositifs de formation et de validation des acquis soient accessibles aux publics recrutés dans le cadre des emplois d’avenir. Avec les régions qui le souhaitent, des offres spécifiques pourront également être expérimentées pour répondre aux besoins de publics jeunes et peu qualifiés. Certaines de ces expérimentations pourraient préfigurer un futur droit à la qualification différée." La suite du texte se réfère à la mobilisation des partenaires sociaux.

Bien évidemment, en ce qui concerne notre région, je proposerai que l'on travaille en ce sens. Encore faut il que l'on en ait la possibilité ! j'y reviendrai.

Car si l'exposé des motifs ouvre des portes, le texte même du projet de loi les ferme ! On découvre en effet que les contrats d'avenir ne vont être que des formes particulières de CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) ou CIE (Contrat Initiative Emploi), et que les dispositions s'appliquant à ces contrats sont valables, sauf dispositions contraires, comme la durée (au moins un an renouvelable trois fois) ou le temps de travail (à temps plein). La seule référence à la formation dans le texte concerne le dossier permettant à l'employeur de toucher l'aide qui devra indiquer " les actions de formation, réalisées pendant le temps de travail ou en dehors de celui-ci."

Les difficultés majeures de financement de la formation des personnes en contrats aidés vont donc se retrouver sur ces contrats d'avenir : pour les financeurs de la formation des salariés, ce ne sont pas des salariés comme les autres, mais pour les financeurs de la formation des demandeurs d'emploi, ce ne sont pas des demandeurs d'emploi ! Alors, oui, il faudra bien, pour le succès des emplois d'avenir une mobilisation des régions et des fonds de la formation des salariés, mais la loi fait l'impasse sur le comment ! Et depuis 2004, la loi de cohésion sociale et la suppression des fonds de l'état dans la formation des contrats aidés, c'est l'impasse sur cette question.

Le deuxième aspect de la loi qui ferme les portes de la formation est celle du temps de travail, car si la longueur du contrat, bien supérieur à celle des CAE actuels est évidemment un plus pour un vrai parcours d'insertion, le temps plein m'interroge et la notion de formation en dehors du temps de travail encore plus ! Et j'ai d'ailleurs du mal à imaginer comment un employeur potentiel pourra faire un dossier indiquant les actions de formation prévues pour un jeune qu'il connaitra encore très imparfaitement puisque ce sera avant son embauche.

Rêvons d'un vrai contrat pour l'avenir d'un jeune : du boulot tout de suite avec un vrai salaire à temps plein. Là dessus, aucun désaccord avec le projet de loi, de quoi redonner le moral au jeune, lui montrer qu'il peut être utile dans la société, qu'il y a sa place, même s'il est sorti sans qualification de l'école. Mais sur son temps de travail, il faut qu'il puisse aller voir son conseiller à la mission locale, faire un bilan de compétence, participer à des actions d'orientation professionnelle ... bref se bâtir un projet professionnel et quand c'est mûr, toujours sur son temps de travail, si nécessaire pouvoir bénéficier d'actions de remise à niveau, avant une formation qualifiante qui pourrait être en alternance, toujours dans le cadre du contrat d'avenir. Ce serait un contrat à temps plein pour le jeune, ceci lui garantissant un salaire et un contrat à temps variable pour l'employeur, le jeune travaillant de moins en moins au fur et à mesure que l'aspect formation monte en puissance, mais étant de plus en plus compétent et de toute façon, l'employeur ne paie qu'un quart du salaire.

Alors, oui, je le disais, je proposerai que la région contribue à la formation des contrats d'avenir, mais il faut à la fois que la loi prévoit la formation sur le temps de travail (et les actions d'accompagnement) avec maintien du salaire et donc l'aide financière de l'Etat quelque soit la durée effective de travail et il faut que le gouvernement prévoit un mécanisme financier permettant aux régions de s'engager dans cette voie, car, de par leur compétence, ce sont effectivement elles qui sont le plus à même d'adapter l'offre de formation aux besoins de ces jeunes. 100 000 emplois d'avenir en France, cela devrait en faire de 2000 à 2500 en Champagne Ardenne et on ne trouvera pas sous le sabot d'un cheval de quoi financer la formation de 2000 jeunes ! Et étant optimiste, on peut se dire qu'il y en aura quelques uns de moins à l'Ecole de la deuxième chance ou sur les actions du programme régional de formation, mais il y a malheureusement beaucoup plus que 2000 jeunes au chômage en région. Les derniers chiffres officiels indiquent 11029 demandeurs d'emploi de moins de 25 ans inscrits à Pôle Emploi. On sait que particulièrement pour les jeunes, l'inscription à Pôle emploi n'est pas la règle en cas de recherche d'emploi, puisque tous ceux qui n'ont pas travaillé ne sont pas indemnisés. Alors pour que la formation des jeunes en contrat d'avenir ne retentisse pas sur la formation des jeunes qui n'auront même pas la chance d'avoir un tel contrat, il va falloir que l'Etat en paie une bonne part ! C'est toute la question des ressources des collectivités territoriales et en particulier des régions qui est posée ! Là aussi, le changement cela doit être maintenant !

Et j'entends bien que des expérimentations pourraient préfigurer un droit à la formation différée : je pense qu'effectivement, les régions, avec des dispositifs comme les écoles de la deuxième chance, mais aussi toute leur capacité à pousser à l'innovation, ont toute leur place dans la mise en place d'un droit à la formation différée. Mais je le dis aussi clairement : le financement ne peut être que celui de l'Etat, en lien étroit avec le budget de l'Education Nationale, car il n'est pas envisageable que ce ne soit pas le même qui finance la formation initiale et ses échecs nécessitant une formation différée ! Que ce soit l'Education Nationale qui finance le droit à une formation différée me paraît une incitation nécessaire pour éviter la multiplication des sorties sans qualification.

Après cette longue, sans doute trop longue, diversion sur l'aspect formation, revenons aux questions de fond évoquées plus haut. Elles soulèvent à mon sens trois groupes de remarques :

- le financement des activités à utilité sociale avérée : cela fait maintenant plusieurs décennies (les TUC, travaux d'intérêt collectif, ont été créé en 1984 par le gouvernement Fabius) que les associations, les communes bénéficient d'aides de l'Etat sous forme d'aide à l'emploi pour des activités socialement nécessaires qu'elles n'ont pas les moyens de réaliser sans ces aides. Ne faut il pas reconnaître que ces activités sont indispensables mais non solvables, relevant donc du financement collectif par l'impôt  et en tirer les conséquences pour des dotations aux collectivités ou des subventions aux associations, permettant la création d'emplois durables de qualité ?

- la sortie de jeunes sans qualification de l'Education Nationale pose toutes les questions relatives à la transformation nécessaire de l'école en France. Je ne m'étendrais évidemment pas sur cette question ici, qui nécessiterait de longs développements. Mais comme je n'ai rien dit dans tout cet article sur cet aspect particulier des contrats d'avenir que sont les emplois d'avenir professeur, il y aurait aussi beaucoup à dire - et à critiquer - j'en profite pour vous donner dans ce paragraphe le lien avec l'article de Nouvelles des Ardennes à ce sujet, reprenant le communiqué du réseau école du PCF : vous pouvez le lire en cliquant ici. (N'hésitez pas à dérouler la page vers le bas).Petit-logo-emplois-davenir

- enfin on contourne le problème des entreprises qui ne veulent pas de jeunes sans expérience car elles ont peur de perdre sur leurs profits en consacrant un peu de temps à de l'accompagnement des jeunes. Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec le premier ministre allant rassurer le patronat à l'université du MEDEF, mais aussi avec les déclarations sur l'emploi : ce même communiqué de presse du conseil des ministres du 29 août qui préesnte les emplois d'avenir, annonce des actions en profondeur sur le financement de la protection sociale, qui, je cite " repose aujourd’hui trop largement sur le seul travail." Arrêtons de vouloir baisser le coût du travail, une véritable offense aux travailleurs. C'est le coût du capital qui doit baisser.

Mais ne vous inquiétez pas : les contrats d'avenir ont déjà leur logo !

Plus sérieusement, en guise de conclusion, je vous invite à lire ce que les jeunes pensent de ce projet, de leurs besoins : cliquez ici, pour voir l'interview de Pierric Annoot, secrétaire général des jeunes communistes dans l'Humanité.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 21:43

L'AFPA va mal : à tel point que le site du ministère de travail et de l'emploi titre sur la mobilisation de l'Etat et des Régions pour l'AFPA (à lire en cliquant ici).

Son président a démissionné et les banques ne suivent plus pour autoriser les découverts indispensables.

Le malaise est grand chez les personnels du fait de l'aggravation des conditions de travail liées au non remplacement des personnels partant en retraite ou malade, à la désorganisation de l'entrée en stage des demandeurs d'emploi par le départ des psychos à Pôle Emploi, à une pseudo réorganisation qui rend tout compliqué ... avec au total cette impression désespérante de mal faire son boulot.

Et ne parlons pas du patrimoine, resté propriété d'un Etat qui s'en est désintéressé !

La responsabilité du gouvernement Sarkozy est énorme dans ce démantèlement. Mais on ne peut pas non plus masquer l'irresponsabilité des socialistes dans les régions, entre volonté de restreindre la formation des demandeurs d'emploi ou tout du moins la formation entrant dans le champ de l'intérêt général à la formation de ceux qui n'ont aucune qualification, éliminant ainsi tout une part des formations de l'AFPA de niveau IV ou III ou bravade politicarde des lois comme en Rhone Alpes continuant à subventionner l'AFPA jusqu'à mise en demeure du préfet, sans avoir préparer la suite et d'autres modes de financement.

En Champagne Ardenne, on s'en sort plutôt bien, la mise en place du Service D'intérêt Economique Général et les procédures de mandatement avec obligations de service public (et les financements allant avec) ont grosso modo permis d'assurer une masse de financement de l'AFPA proche de ce qu'elle était auparavant et l'orientation des demandeurs d'emploi vers les stages de l'AFPA par Pôle Emploi s'améliore ... mais l'AFPA en Champagne Ardenne était déficitaire avant la décentralisation et les règles nationales interdisant tout recrutement pèsent lourd sur le personnel ...

Il y a urgence à construire un grand service public national de l'emploi et de la formation, où les droits soient les mêmes partout en France, mais la gestion décentralisée et démocratique pour plus d'efficacité, avec Pôle Emploi, l'AFPA, les GRETA, les CFPPA, associés aux organismes de formation à but non lucratifs qui, comme l'AFPA, qui est en fait le plus grand d'entre eux, ont développé leurs approches pédagogiques particulières et leur connaissance du terrain, mais cela demande quelques mois de débats, de concertation, de luttes aussi, sans doute, car j'entends parler d'un acte III de la décentralisation dans lequel je crains que les régions ne s'enferment dans de nouvelles frontières.

Il faut tout de suite que l'Etat donne à l'AFPA les moyens financiers pour se sortir de ce mauvais pas, avant une casse fatale !

Pour plus d'informations, je vous invite à aller lire le communiqué de la CGT (en cliquant ici). C'est sur le site de la CGT AFPA, mais c'est un communiqué de la confédération, de la CFDT en cliquant ici, et de FO en cliquant ici.

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