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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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Pour me contacter :
michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 20:34
On savait déjà que le gouvernement faisait des lois liberticides.
Le traitement des événements dramatiques de Grenoble où un innocent a été tué par un malade psychiatrique en rajoute dans le n'importe quoi. Outre la campagne médiatique stigmatisant les malades mentaux, Sarkozy a décidé de punir, en évitant de chercher les véritables responsables.
J'ai eu envie de vous faire connaître le communiqué de presse du collectif des directeurs d'hôpitaux de l'UFMICT CGT, car il résume bien la situation :
Le Collectif Directeurs UFMICT CGT prend connaissance avec stupeur de la décision du Ministère de la Santé de suspendre notre collègue directeur de Saint Egrève, à la suite du drame dont un patient hospitalisé dans cet établissement semble être la cause. Nous assurons le directeur et l’équipe de direction de notre soutien.
La CGT comprend la douleur de la famille et des proches de la victime de ce drame qui n’aurait pas du avoir lieu. Toute la communauté hospitalière est déchirée par ce drame et attend les conclusions de l’enquête en cours.
Après les déclarations inquiétantes du Président de la République, la CGT s'interroge sur la "faute grave" prévue par les textes, qu'aurait commise le directeur, pour justifier une suspension immédiate.
Si le directeur a commis une "faute grave" dans cette affaire, il faut remonter la chaîne de responsabilité à tous ceux qui participent à la situation de crise du système de santé et de la psychiatrie en particulier : le préfet, le directeur de l'ARH, les parlementaires ayant voté la Loi de Financement de la Sécurité Sociale et les différentes réformes touchant au système de santé depuis des années, la Ministre, le chef du gouvernement et pourquoi pas le chef d'orchestre, le Président lui-même?
Leur responsabilité augmente en même temps que leur niveau dans la hiérarchie de l'Etat, selon le raisonnement tenu.
Les aspects sécuritaires qui semblent présider à la refonte des textes législatifs et règlementaires de la prise en charge en psychiatrie ne sont pas une réponse adaptée au drame de la semaine dernière.
L’UFMICT CGT et son Collectif Directeurs appellent l’ensemble de la profession à se rassembler pour refuser de servir de fusible d’une politique de restriction budgétaire que subit le secteur sanitaire et social.
Pour construire ce rassemblement et interpeller le ministère afin de faire cesser les mises en cause arbitraires dont sont victimes nos collègues directeurs, le collectif de l’UFMICT s’adressera à l’ensemble des syndicats représentatifs des corps de direction.
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 22:16

Voici la déclaration que nous avons fait avec Sylvain Dalla Rosa aujourd'hui :
Rien n’arrête la direction du groupe Gascogne Laminates qui vient de demander l’expulsion des salariés qui occupent le site de l’usine Sopal à Givet. Malgré des aides publiques importantes et une situation financière saine du groupe, la fermeture de l’unité givetoise est programmée pour la fin de l’année laissant sur le carreau une cinquantaine de personnes.
Légitimement, les salariés défendent leur emploi et leur outil de travail. Depuis la fermeture de Cellatex, toutes les promesses faites pour réindustrialiser la pointe des Ardennes sont restées lettre morte. Pire, aujourd’hui ce sont les salariés que l’on traine devant les tribunaux. C’est scandaleux. Il y a peu, le Président N. Sarkozy est venu discourir à Rethel sur l’emploi mais rien de concret n’a vu le jour pour aider sérieusement ceux qui, dans les Ardennes, souffrent de la politique de casse industrielle.
Au nom des élus communistes, nous ne pouvons accepter un tel mépris pour les salariés et un territoire déjà lourdement frappé par la crise. Nous exigeons de la direction du groupe Gascogne Laminates qu’elle cesse toutes les procédures judicaires contre les salariés et qu’elle ouvre véritablement des négociations avec des propositions précises de relance de l’activité. Dans ce sens, nous nous adressons, ce jour, au PDG du groupe et aux pouvoirs publics pour qu’ils interviennent dans ce dossier.

Si vous voulez voir le blog des salariés de la Sopal, cliquez ici.

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 21:48
et refusent le service minimum.
Jeudi 20 novembre, l’ensemble des organisations syndicales enseignantes rejointes par les syndicats lycéens et étudiants appellent à une grève nationale. Compte tenu du contentieux avec le gouvernement et le Ministre de l’Education nationale tel que, nombreuses suppressions de postes, réforme des lycées contestée, remise en cause de la scolarisation avant trois ans ou disparition des RASED, le mouvement risque d’être très largement suivi.
Les élus communistes ardennais soutiennent ce mouvement qui s’inscrit dans une démarche de développement et de modernisation de l’Education dans notre pays. Le manque de moyens criants accordés à ce secteur montre la volonté du gouvernement de saborder ce qui est un des piliers de notre démocratie indispensable au progrès humain.
Par ailleurs, les élus communistes s’adressent à tous les maires des Ardennes afin qu’ils ne mettent pas en place le service minimum d’accueil dans les écoles maternelles et élémentaires et cela malgré la loi promulguée le 20 août dernier. Outre qu’il s’agit d’un texte inapplicable, notamment pour les petites communes, c’est à l’Etat d’assumer les causes d’un conflit dont il porte la responsabilité. Avec cette disposition, le gouvernement a un double objectif, remettre en cause le droit de grève et se décharger progressivement sur les communes de tâches qui relèvent exclusivement de sa compétence. Les élus communistes ardennais ne veulent en aucun cas s’associer à ce déni de démocratie.
Au fait, Gérard Ashiéri, secrétaire national de la FSU, était présent à Charleville Mézières hier soir. J'ai retrouvé avec plaisir à cette réunion des amis de la FCPE, mais discuté aussi avec René Visse, Sylvain Dalla Rosa ... Jean Charles Vanbervesselès a, lui, fait un véritable reportage que vous pourrez trouver en cliquant ici.
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 02:30

J'ai lancé le débat sur l'apprentissage et cela a fait mouche, car il a duré un moment, ce qui est fort rare dans cette instance. En effet figurait à l'ordre du jour un avenant pour 2008 au contrat d'objectif et de moyens de l'apprentissage qui doit permettre d'atteindre 9600 apprentis à l'horizon 2009, soit une progression des effectifs de plus de 20%.
Après avoir rappelé le soin avec lequel a été négocié ce contrat, qui amène effectivement de véritables progrès, que ce soit sur les critères de recrutement, en particulier l'égalité femme homme, ou sur la qualité même de l'apprentissage et l'aide aux apprentis, je me suis inquiétée de l'augmentation du nombre d'apprentis, car il convient de veiller à ce que cela ne soit pas en concurrence des lycées professionnels.
Réponse de Sylvie Cotillot, vice présidente en charge des lycées : l'augmentation du nombre des apprentis se fait avec des jeunes sortis du système scolaire qui de toute façon n'auraient pas été en lycées professionnels. La suite du débat a portée sur l'importance des améliorations portées à l'apprentissage.
Auparavant, j'étais intervenue sur la dotation du conseil régional aux lycées pour le financement des contrats aidés dans les lycées : il y en a 108 sur l'ensemble des lycées de la région, présents essentiellement dans l'Aube et dans la Marne, en fonction de critères d'acceptation différents selon les directions départementales du travail, ce qui est une source d'inégalité territoriale. Je considère que, soit ces emplois sont nécessaires et il faut créer de vrais postes de TOS, soit ils ne le sont pas et le conseil régional n'a pas à aider les lycées. Réponse : pour aller plus vite dans la déprécarisation de l'emploi dans les lycées, il faudrait augmenter l'impôt ! CQFD Ce qu'il faut démontrer !
Je m'interroge en effet beaucoup en ce moment sur la décision prise de ne pas augmenter les impôts régionaux, d'autant qu'en augmentant un peu la taxe foncière (et il n'y a pas de taxe d'habitation pour la région)  - cela représenterait un ou deux euros par foyer propriétaire de son logement - cela permet d'augmenter plus la taxe professionnelle qui est une des plus basse de France. La lecture de l'interview de G. Spire, président de la chambre de commerce et d'industrie des Ardennes, dans l'Ardennais de ce jour, demandant aux collectivités de ne pas augmenter leurs impôts, m'a aussi conforter dans cette idée : la campagne faite par le patronat contre l'impôt n'a comme seul but que de préserver ses intérêts contre ceux des citoyens qui ont besoin d'équipements, de services publics etc...

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Published by Michèle Leflon - dans Champagne Ardenne
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 23:49
En votant massivement pour Pierre Pandini dès le premier tour, ils éviteront de devoir retourner voter aussi le 14 décembre !
Rappelez vous, Pierre Pandini a vu son élection invalidée (vous pourrez retrouver les explications dans mon article du 15 septembre en cliquant ici). Les habitants du canton n'avaient plus leur représentant lors de la dernière session du conseil général, tout cela pour des manoeuvres d'une droite qui n'accepte pas sa défaite !
Françoise Charlier, maire adjointe de Charleville Mézières et candidate du PCF dans ce canton lors des élections de mars dernier rappelle que le 9 mars dernier 451 électeurs (soit 8,48 %) lui avaient fait confiance après une campagne très marquée à gauche contre la politique du gouvernement Sarkozy. Elu au second tour avec plus de 60 % des suffrages, Pierre PANDINI peut se prévaloir de la légitimité démocratique du scrutin.
Elle appelle à voter pour Pierre Pandini dès le premier tour, sans pour autant renoncer à son engagement communiste aux côtés des habitants du canton.
Pas question d'ajouter de la confusion au prochain scrutin en se présentant.
En accord avec la section du PCF, elle ne jouera pas le jeu de la droite dans son opération de déstabilisation de la gauche et du conseiller général élu.
Vous l'avez compris : j'approuve complètement cette décision et je considère qu'il faut dès le 7 décembre donner une claque aux manoeuvriers de droite qui, par leur refus d'accepter le jeu de la démocratie, donnent une piètre image de la politique ; il faut voter Pierre Pandini.
Et sachez que même avec plus de 50% des voix, un candidat ne peut pas être élu au premier tour si moins d'un quart des électeurs inscrits ont voté. Alors faites un effort : allez voter !

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 21:10
Je suis arrivée un peu en retard car j'étais ce matin à une réunion sur la formation organisée à Chalons par le comité régional CGT et l'intérêt du débat m'avait fait oublié l'heure. Ils étaient tous là pour ce second épisode au tribunal des Prudhommes, ils, ce sont les Lenoir et Mernier.LCAB.
Grace à Jean Pol Bois, vous pourrez avoir le compte rendu de l'audience fait par Claude Choquet en regardant la vidéo ci dessous.




Au fait, j'ai appris un cas d'exclusion du CTP cet après midi et ce n'est pas le premier. Dans le cas appris aujourd'hui, il résulte de l'absence de l'accompagnement individualisé qui aurait été nécessaire et me paraît particulièrement scandaleux. Un bénéficiaire du CTP exclu a déjà fait appel de la décision et a été réadmis dans le dispositif. Il n'y a donc pas de fatalité et aucune raison de taire ces difficultés.
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Published by Michèle Leflon - dans Ardennes
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 20:23
Mon blog a été un peu silencieux depuis quelques jours. En fait, j'ai rédigé le week end dernier quelques notes pour vous donner envie de lire le livre de Paul Boccara, Transformation et crise du capitalisme mondialisé.Quelle alternative ?
Et je ne suis pas bien satisfaite de ce que j'ai écrit. J'aurai voulu le rendre plus clair, mais je crois que je n'y arriverai pas et les jours passent ! Alors, voilà !

La crise financière, la crise économique, appellent à des changements : refondation du capitalisme pour certains, les privilégiés du système actuel, ou pour d'autres, dépassement du capitalisme vers une société rejetant l'exploitation de l'homme par l'homme.


Dans ce débat, le livre de P. Boccara, publié en septembre de cette année, (et on remarquera l'anticipation de ce livre d'actualité !) fait des propositions :
maîtriser pour aller vers le dépassement des marchés.

J'ai essayé, dans la page que vous pourrez lire en cliquant ici, de vous en résumer les propositions et de vous faire part des interrogations qu'il suscite chez moi. Je voudrais en fait surtout vous inciter à le lire, car si j'en fait quelques critiques, mais je suis une éternelle contestataire, je pense que fondamentalement, c'est un grand livre.

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Published by Michèle Leflon - dans Au fil des jours
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 21:54
Voici un montage de Jean Pol Bois présentant des extraits de ses observations d'avril à juin de cet animal menacé nichant encore dans les Ardennes (trés rares couples).

Je rajoute bien évidemment cette vidéo à la page sur la nature dans les Ardennes où j'ai regroupé les vidéos de Jean Pol et que vous pouvez voir en cliquant ici.
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Published by Michèle Leflon - dans Ardennes
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 17:25
Jean-Jacques Candelier, député communiste du Nord, a rappelé hier cette phrase d’Abraham Lincoln lors du débat à l’Assemblée sur le budget de l’Education nationale. Car, après 11 200 postes en moins cette année, le gouvernement prévoit  13 500 suppressions l’année prochaine et 40 000 dans les trois années à venir.
Il ne s'est pas contenté de critiquer mais a aussi fait des propositions :
"Je le dis donc clairement, l'école doit avoir pour objectif la réussite de chacun :
- Par l'arrêt des suppressions de postes, le remplacement des enseignants, le recrutement et la formation des personnels accompagnants nécessaires : surveillants, médecins et infirmières scolaires, agents pour la scolarisation des enfants handicapés
- Par la mise en place d'une programmation pluriannuelle de postes et l'arrêt du développement de la précarité,
- Par l’élargissement de la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, contre 6 à 16, et le développement des disciplines comme les sciences sociales, qui sont remises en cause dans le cadre de la réforme des lycées,
- Par la mise en place d'un plan ambitieux de développement de la formation des maîtres et d'un plan de recherche en éducation
- Et par la création d'un fonds national de lutte contre les inégalités scolaires permettant d'aller vers la gratuité effective de la scolarité.
Ces mesures demandent un engagement financier important. Mais tout est question de priorité. Le budget de l'Education nationale pourrait être porté à 7 % du PIB, la France en a les moyens. Cette année, les profits des entreprises du CAC 40 représentent le double du budget de l'Education nationale !
"
Les suppressions de postes d'enseignants touchent tout particulièrement les RASED (Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté). La mise en place des deux heures d' « aide personnalisée » ne peut se substituer au travail effectué dans le cadre de ces réseaux, qui ont été créés pour répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté, avec des maîtres spécialisés. Une pétition est en cours à l'initiative de l'ensemble des syndicats enseignants. Allez donc la signer comme je viens de le faire en cliquant ici : elle aura bientôt 100 000 signataires !
L'école maternelle est également menacée : le rapport du groupe de travail sénatorial sur la scolarisation des jeunes enfants vient d’être rendu public : au lieu de préconiser l’amélioration de l’accueil des deux ans à l’école maternelle, l’obligation de la scolarité dès trois ans, les auteurs du rapport proposent de créer une nouvelle structure, « le jardin d’éveil ». Mais le rapport ne dit rien des modes de financement. Seront ils gratuits pour les parents ? Quels qualifications auront les personnels ? Ne serait ce pas une nouvelle forme de désengagement de l'état vers les communes avec l'aggravation des inégalités selon le lieu d'habitation ?
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Published by Michèle Leflon - dans Formation Education
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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 15:56
Comme il faut un responsable, les directeurs d'hôpitaux seront les boucs émissaires !
En effet, l'assemblée nationale a adopté hier l'article 40 du projet de loi de la sécurité sociale 2009 : cet article stipule qu'en cas de difficultés financières dans un établissement hospitalier (deux tiers des hôpitaux français étaient en déficit fin  2007 et le troisième tiers le sera sans doute à la fin de l'année, comme par exemple l'hôpital de Charleville Mézières), le directeur de l'ARH lui demande de présenter un plan de redressement. Si le plan de redressement ne permet pas de redresser la situation, le directeur de l'ARH place l'hôpital sous administration provisoire et le directeur et éventuellement d'autres membres de la direction sont placés "en recherche d'affectation", expression polie pour dire qu'ils sont priés d'aller voir ailleurs. Quand on se rappelle le rapport de l'IGAS sur le contrôle des mesures prises dans le cadre du contrat de retour à l'équilibre financier (voir le billet que je lui avais consacré en cliquant ici), on se dit que les directeurs auront le choix entre licencier leur personnel ou partir ! Je vous passe le cas où l'hôpital refuserait le plan de redressement : c'est bien évidemment aussi un cas de départ !
C'est pourquoi le groupe communiste à l'assemblée nationale avait proposé un amendement, visant à supprimer l'article 40 : voilà l'intervention de Roland Muzeau, député communiste des Hauts de Seine : L’article 40 prétend venir à bout des déséquilibres financiers et responsabiliser les hôpitaux publics en les soumettant à des plans de redressement, voire en les plaçant sous administration provisoire. Certes, la situation financière des hôpitaux est délicate, puisque la Fédération hospitalière de France prévoit, pour 2008, un déficit cumulé de 880 millions d'euros. Mais le Gouvernement fait montre d'une certaine hypocrisie, puisque ce sont ses mesures et les obstacles qu’il s’ingénie à dresser devant l'hôpital public qui expliquent une grande part de son déficit. Ce ne sont pas les hôpitaux, mais le Gouvernement, qu'il faudrait responsabiliser.
Voici quelques exemples de ces véritables peaux de bananes.
Tout d’abord, ma collègue Jacqueline Fraysse a soulevé, lors de son explication de vote sur la motion de procédure de Martine Billard, la question du financement des urgences, dont une partie, qui n’est pas prise en charge par l'assurance maladie, reste à la charge des hôpitaux, ce qui creuse un peu plus leur déficit. Or vous n'avez toujours pas répondu à son interpellation.
Ensuite, il arrive au Gouvernement d'accorder des revalorisations salariales à ses fonctionnaires en cours d'année. C'est une bonne chose, mais aucune rallonge budgétaire n'est accordée aux hôpitaux pour faire face à cette dépense non programmée. Nous avons donc déposé un amendement afin que l'État prenne en charge d’éventuelles revalorisations salariales. Comme je vous sais très attaché à l'équilibre financier des hôpitaux, je veux croire que vous y serez favorable.
Par ailleurs, la généralisation précipitée de la T2A a remplacé la complémentarité entre établissements publics et privés par une concurrence faussée au détriment des hôpitaux publics. En effet, sur la ligne de départ, les cliniques privées sont allégées des missions de service public, qu'elles laissent bien volontiers aux hôpitaux. Certes, ces derniers bénéficient d'enveloppes spécifiques, dites MIGAC, pour financer ces activités, mais, de l'avis de tous, à commencer par le sénateur Larcher, elles sont insuffisantes.
Vous nous avez annoncé que ces enveloppes avaient augmenté de plus de 6 % cette année et que la prochaine campagne tarifaire allait incorporer un coefficient de sévérité et de précarité ; je m'en réjouis, et j'y vois la confirmation que nous avions raison de dénoncer leur insuffisance. Toutefois, je considère qu'elles restent encore insuffisantes.
Enfin, vous envisagez à marche forcée la convergence tarifaire entre les établissements publics et privés. Mais il faut comparer ce qui est comparable. Par exemple, chacun sait que les tarifs des cliniques ne prennent pas en compte les honoraires des médecins, alors qu'ils sont intégrés aux salaires des praticiens exerçant en hôpital public.
Avec l’article 40, votre œuvre de démolition des hôpitaux franchit une nouvelle étape, puisque vous envisagez de placer sous administration provisoire les établissements en déficit budgétaire. L'ultime estocade sera portée par la loi « Hôpitaux, patients, santé et territoire », qui y ajoutera des sanctions financières. Or, quoi que vous en disiez, les dépenses de l'hôpital sont en diminution constante depuis vingt ans. Alors, de grâce, cessez de dresser des obstacles devant lui et de le discréditer ! Les salariés des hôpitaux travaillent avec passion au service de tous, dans des conditions souvent difficiles, et ils sont attachés aux missions de service public.
Quant aux patients, ils sont les grands absents de cette course à la maîtrise comptable. C'est la raison pour laquelle nous avons déposé des amendements pour que les plans de redressement respectent, à tout le moins, les recommandations des schémas régionaux d'organisation sanitaire.

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Published by Michèle Leflon - dans Santé
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