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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:21

cnfptlvSur le fond, certains s'interrogent sur la réalité du changement politique intervenu au printemps dernier ... Mais sur la forme aussi, comme à l'ère Sarkozy, les réunions du Conseil National de la Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie sont programmés en urgence, déprogrammées ...pour satisfaire les urgences gouvernementales. Et la réunion prévue fin février s'est transformée en une réunion convoquée en urgence la semaine précédente pour rendre un avis sur le projet de loi de sécurisation professionnelle, comme s'il y avait une urgence à casser le code du travail, et une réunion aujourd'hui, celle de fin février ayant été annulée moins de 48 h avant, car le projet de loi sur la décentralisation n'était pas prêt. 

Détail, me direz vous. Certes vous avez raison, Si ce n'est que cela dénote une manière de faire.

Je critique, mais j'ai quand même admiré la présence de Thierry Repentin tout au long de la réunion, à l'écoute.

Venons en au fond. La séance d'aujourd'hui était essentiellement consacrée au projet de loi de décentralisation et à la présentation du rapport du CNFPTLV sur le compte individuel de formation.

Sur ce dernier point, alors que le rapport liste les éléments consensuels, la volonté d'aller vers un tel dispositf, mais aussi les questions réstant en suspens, j'ai surtout noté l'intervention du MEDEF : aller vite, très vite pour l'inscrire dans la loi de sécurisation professionnelle dans une approche, comme d'ailleurs tout ce projet de loi, très déséquilibrée en faveur du patronat : il faudrait que cela serve uniquement à une liste de formation définie avec le MEDEF !

Sur le projet de loi de décentralisation j'ai été frappée par le rejet unanime de ce texte par les organisations syndicales, certaines sur le fond du principe de décentralisation, mais toutes au moins sur la question de la démocratie sociale : elles considèrent que dans le domaine de la formation professionnelle, un axe fort du paritarisme, le texte fait la place trop belle aux régions, en les oubliant.

Pascale Gérard, parlant "au nom des régions" - elle ferait mieux de dire au nom du PS - s'est félicité de ce texte, tout en rappelant comment en 2004 la loi de décentralisation avait été vu comme du délestage sur les collectivités. Ce n'est pas la même chose en pire ?? Elle s'est contenté d'appeler à la vigilance sur deux ou trois points et en particulier sur les compensations financières pour la formation des travailleurs en situation de handicap. Dont acte.

Voici en gros mon intervention, nécessairement succincte et en lien avec les préoccupations des régions.

Ce projet de loi apporte, en ce qui concerne la formation professionnelle une cohérence meilleure qui était indispensable.
Pour faire court, permettez moi juste de lancer quelques idées pour que l'avis du conseil permette aux parlementaires d'améliorer ce projet.
Je vais centrer mon propos sur deux élément :
- l'absence d'ambition lorsque est proposé que les régions garantissent l’accès gratuit à la formation professionnelle qualifiante jusqu’au classement de niveau IV du répertoire national des certifications professionnelles.
De fait la majorité des besoins en formation sont de niveau V et IV, mais pourquoi l'affirmer dans la loi, alors que le droit à la formation est affirmée dans le préambule de la constitution de 46 ? Des formations de niveau supérieur peuvent être nécessaires,  et les exclure n'est pas bon d'un point de vue individuel en terme de cohésion sociale en opposant les demandeurs d'emplois entre eux, et collectivement en terme de développement économique pour répondre à des besoins d'implantation d'entreprises.
Même manque d'ambition en limitant les possibilités d'habilitation des organismes de formation avec financement d'obligations de service publics au public présentant des difficultés particulières d'insertion.
Cela ne permet pas de répondre à l'ambition d'un vrai service public de qualité
- Deuxième point sur les questions financières, puisque ce projet de loi demande aux régions de remplir des obligations nouvelles non remplies par l'Etat actuellement et donc qui ne seront pas compensées.
Je pense à l'accès différé à la qualification. Les régions le font déjà dans la pratique mais l'officialiser pose une question de fond : c'est dédouaner l'Education Nationale de sa responsabilité dans l'échec scolaire que de renvoyer vers les régions les décrocheurs même si cela peut se faire avec les outils qui ont été développés par les régions
Je pense au service public de l'orientation : il y a des besoins nouveaux si l'on veut répondre aux besoins. Nous avons commencé à expérimenter à petite échelle depuis deux ans en Champagne Ardenne le conseil en évolution professionnelle dans nos Espaces Métiers : il y a des besoins importants et ce n'est pas l'ANI qui réglera tout, d'autant plus que notre expérience c'est qu'il y a encore plus de besoins non satisfaits parmi les salariés du service public !

Enfin l'articulation avec Pôle Emploi m'interroge car la déresponsablisation de l'UNEDIC dans la commande de formation pourrait conduire à un désengagement financier. Quelles assurances auront les régions ? 

Toutes ces questions sont essentielles, car nous sommes bien convaincus, tous, de la nécessité de garantir l'égalité républicaine entre nos territoires.

Thierry Repentin, le ministre de la formation professionnelle, a conclu la réunion par un discours d'une demi heure qu'évidemment je ne vous résumerai pas ici. Simplement, je vous ferai part de mon inquiétude, quand il se félicite de la création de service pubic régional de la formation en disant que cela peut permettre des formations gratuites ou de prix modiques, que toutes les régions ne financent pas de formation de niveau supérieur et qu'il ne faut pas les mettre en difficulté, qu'il faut se consacrer aux personnes sans qualification ... A quand l'élévation pour tous d'au moins un niveau de qualification au cours de la carrière professionnelle ? C'est pourtant indispensable pour le renouveau économique de notre pays ! Et quand au fait que les procédures d'habilitation permettant le financement d'obligations de service public soient réservées au personnes préentant des difficultés particulières d'apprentisage ou d'insertion, sa seule réponse a été de dire que pour faire un service d'intérêt économique général(SIEG) et être en conformité avec le droit européen, il fallait délimiter les bénéficiaires de ce SIEG. Soit. C'est ce que l'on a fait en Champagne Ardenne : on l'a délimité aux demandeurs d'emploi et aux personnes en transition professionnelle. C'est plus clair !

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Published by Michèle Leflon - dans Formation Education
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commentaires

sandre08 19/03/2013 08:44


La méthode Coué reste d'actualité malgré le changement avec en plus les paroles de la chanson "Ca ira mieux demain " .


Ce qui est plus grave ,c'est de mettre en accusation le Fde G de faire le jeu du FN . Les dirigeants du PS et les ministres ne se rendent pas comptes de la colère des électeurs  ayant votés
pour un programme de gauche et qui se retrouvent avec une politique qui ressemble beaucoup à celle de droite .