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Qui suis-je ?

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michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 15:54

manif hopital rethel 11 oct 2012 004250 personnes étaient présentes hier à Rethel à l'appel des organisations syndicales de l'établissement (CGT et UNSA). Très fort pour Rethel !

Je n'y étais malheureusement pas, retenue par des engagements pris antérieurement d'aller en Haute Marne (mon prochain article devrait vous raconter ce que j'ai fait hier) et je le regrette à la fois parce que j'aurai aimé manifesté mon soutien à cette action, mais aussi parce que cela aurait été l'occasion de revoir des amis.

Cet article est donc un peu la compilation de ce qu'on m'en a raconté (mais dès midi, j'avais un message téléphonique d'un médecin de Rethel), avec des grands remerciements à Roger pour les photos.

Il y a eu un peu de confusion, les élus UMP voulant prendre la tête de la manifestation, mais, en dehors de toute considération politique, il faut être aussi peu habitué que B. Poletti ou M. Laménie à la participation à une manifestation pour ne pas savoir qu'une manifestation est conduite par ceux qui ont sont les instigateurs et en l'occurence, c'étaient les organisations syndicales du centre hospitalier !manif hopital rethel 11 oct 2012 002

Ces "m'as tu vu" n'étaient pourtant pas les seuls élus de la manifestation : il y avait aussi des conseillers régionaux comme Franck Tuot et Joëlle Barat et même un ancien conseiller régional avec la participation de René Visse, des élus de Sedan ou de Charleville Mézières (Régine Henry, Christine Caruzzi) !

Mais, au delà de ces considérations, la bonne nouvelle, c'est que c'est la première fois que les personnels et la population se mobilise ainsi pour cet hôpital : malgré tous les efforts faits par les personnels de la maternité (avec une pensée toute particulièrement émue pour Marie) la fermeture de la maternité n'avait pas occasionné une telle manifestation !

Et les "m'as tu vu" de l'UMP n'avaient à l'époque pas levé le petit doigt !

« La situation n'est plus tenable » dit le directeur de l'Agence Régionale de Santé en parlant de l'hôpital de Rethel.

Mais quels sont les causes et les responsabilités dans cette situation ?

- les politiques successives qui ont organisé, avec le numérus clausus (la réduction du nombre de médecins formés), la pénurie de médecins au nom de laquelle on a justifié les fermetures de services, la fusion des hôpitaux de Rethel et de Vouziers.

- L'instauration de la tarification à l'activité qui pénalise les hôpitaux, et en particulier ceux de proximité : la tarification à l'activité n'est qu'un outil pour faire passer derrière des mesures technocratiques la réduction des enveloppes financières des hôpitaux.

- La loi Hôpital Patients Santé Territoires (HPST), décidée par la majorité UMP du précédent gouvernement, qui a supprimé la notion d'hôpital public et conforté la ponction du service public par le secteur privé, qui a donné tout pouvoir à l'administration (directeurs d'hôpitaux, sous contrôle direct du directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui même aux ordres du ministre de la santé).

A Rethel, la débâcle a été facilitée par le groupement de coopération sanitaire avec des cliniques marnaises, qui avait anticipé la loi HPST et la mort de la maternité, fermeture préparatoire pour les décideurs à la mort du bloc opératoire, (c'est ce qui s'est passé à Vouziers)

Pourtant des solutions existent : ce n'est pas d'identifier la spécialité dans laquelle cet hôpital pourrait s'engouffrer, au prétexte que cela lui rapporterait des sous : cela ne répondrait en rien aux besoins de la population qui peut aller à Reims pour des soins très spécialisés.

Il convient de faire avec la population, leurs élus, les professionnels de santé, un véritable projet pour ce Groupement Hospitalier Sud Ardennes, à partir des besoins de la population, en coopération avec les hôpitaux publics de Reims et de Charleville Mézières : des soins de proximité sont nécessaires, y compris une activité chirurgicale. Et la proximité n'exclut pas la qualité !

C'est vrai que cela suppose des changements, ceux auxquels aspirent les Français qui ont élu F. Hollande le 6 mai dernier :

- un moratoire sur la loi HPST est nécessaire, le temps des concertations indispensables à une grande loi de santé publique

- des ressources pour les hôpitaux : Marisol Touraine, ministre de la santé et des affaires sociales, a apporté des améliorations avec la suppression de la convergence public privé, mais la masse globale de l'argent que la sécurité sociale consacre aux hôpitaux est insuffisante pour faire face aux salaires des personnels, d'où cette guerre larvée entre hôpitaux pour attirer des malades et donc des recettes, là où il y a besoin de coopération. 

La réforme annoncée de la sécurité sociale nécessite de considérer le travail non comme une charge, ce qui est une insulte aux salariés, mais comme une richesse. Solidaire, le financement de la sécurité sociale doit rester fondé sur les cotisations, des cotisations modulées selon les créations d'emploi de qualité faites par les entreprises (ce qui limite les cotisations pour les PME et TPE où la part salariale est importante) . Il doit aussi taxer les revenus financiers des entreprises, improductifs. Et avec ça, il y aurait de quoi financer les hôpitaux !

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Published by Michèle Leflon - dans Santé
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