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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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michele.leflon@orange.fr


Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 22:58

foire-de-chalons-en-champagne-2011C'est en mars dernier que le CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional) avait décidé du thèms du colloque qu'il organisait cette année à la foire de Chalons : « Le monde financier au service du développement économique régional ? » 

Assurément les évènements des derniers mois n'ont fait que contribuer à l'actualité du sujet ! Et la matinée fut effectivement très intéressante, même si le débat entre acteurs du monde bancaire et chefs d'entreprises ne sort guère des sentiers battus de l'idéologie libérale dominante !

Et je vais essayer de vous reprendre la teneur de l'intervention que j'y ai faite : j'ai bien entendu le débat entre le représentant du monde bancaire et le représentant des entreprises. Pour les banques, il s'agit d'apprécier le risque pris en prêtant pour limiter les non remboursements, et les entreprises se plaignent d'une mauvaise connaissance du monde économique par les banques, ne leur permettant pas d'apprécier véritablement le risque, ce qui les amène à l'exagérer et à refuser des prêts.

Mais ne faut il pas aller plus loin dans le débat ? Les banques doivent elles toujours rechercher le risque minimum ou ne faut il pas d'autres critères ? Par exemple dans l'exposé initial fait par le directeur régional de la banque de France, on a vu l'augmentation du cours des matières premières et du prix de l'énergie. Il s'agit là de tendances lourdes, très vraisemblablement durables. N'est il pas légitime de prendre plus de risque pour prêter à une entreprise qui va faire des efforts d'économies d'énergie ou de récupération de matières premières que pour une autre qui gaspille ? Il s'agit là de critères environnementaux, mais il y a aussi des critères sociaux. Ne faut il pas plus facilement prêter à une entreprise qui crée des emplois qu'à une qui  profite d'une modernisation pour réduire le nombre de ses salariés ?

Evidemment, cela nécessite sans doute de changer la gouvernance (un mot que je n'aime pas, mais bien à la mode !) des banques, pour que les élus, les organisations patronales, les organisations syndicales, puissent peser sur les choix des crédits accordés pour orienter le développement économique en fonction de critères sociaux, environnementaux et cela à tous les niveaux, y compris celui de la banque centrale européenne. Il faut en quelque sorte socialiser les banques !

J'aime bien ce terme de socialisation des banques ! La nationalisation est trop restrictive. Evidemment, il faut changer la propriété des banques mais on ne peut se contenter de nationalisations comme en 1981 qui ne changent pas en profondeur la gestion. Il est essentiel d'ajouter cet aspect capital de démocratie économique à travers des possibilités d'intervention des salariés et de réappropriation des choix économiques par les représentants du peuple. C'est tout cela qu'entendent les communistes à travers l'expression de pôle public bancaire.

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Published by Michèle Leflon - dans Champagne Ardenne
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commentaires

Michèle Leflon 31/08/2011 23:20



La remarque que tu fais par rapport aux banques mutualistes est très importante : elles ont abandonné le rôle qui devraient être le leur pour deux raisons :


- le système capitaliste et je suis bien d'accord avec toi qu'il faut construire un tout autre système économique mais je n'avais pas non plus cherché à écrire un programme économique dans cet
article, juste aborder la question du crédit à partir du débat du matin !


- l'absence de participation réelle des sociétaires aux prises de décision, ce qui a effectivement permis aux directions des banques mutualistes de s'engager dans une pure gestion de type
capitalistique à la seule recherche de profits. Il s'agit là d'une question majeure car elle pose le problème de la possibilité d'une démocratie économique effective. Et pourtant, seule une
démocratie économique effective permettra de se sortir du capitalisme sans risquer de retomber dans les dérives de l'Union soviétique. Cela suppose donc un apprentissage (et j'entends par là à la
fois la prise en compte de ces questions lors des études mais aussi l'expérimentation de pratiques diverses permettant aux salariés de mieux appréhender les sujets) et aussi, assurément des
relais avec des personnes ayant du temps pour se pencher sur les dossiers : élus, responsables syndicaux, et les décoder.


Tu fais par contre un mauvais procès d'intention au CESER qui est multiple dans sa composition et qui avait largement invité hier : ce n'est pas le CESER qui a dit hier que  les banques
avaient une mauvaise connaissance du système économique : c'est Géraud Spire et d'autres représentants du monde patronal. Le débat avait d'ailleurs commencé par le plus petit bout de la lorgnette
possible avec des plaintes sur l'éloignement des interlocuteurs bancaires des entreprises, la multiplicité des interlocuteurs faisant que les entreprises n'avaient pas toujours affaire au même
interlocuteur quand elles s'adressaient à leur banque ...


Jean Paul Bachy a d'ailleurs été à peine meilleur dans sa conclusion avec toute une partie de son intervention sur l'absence d'organisation des banques calquée sur le découpage régional faisant
qu'il n'y avait pas forcément un interlocuteur unique pour le conseil régional, mais un pour le sud de la région, un pour le nord par exemple, l'un et l'autre pouvant être en dehors de la région,
Nancy par exemple ...



van bervesseles 31/08/2011 14:05



Nationalisation et socialisation sont indissociables ....sauf que -dans les banques "mutualistes" ( c'est à dire statutairement "socialisées") ....les pratiques financières sont les mêmes
qu'ailleurs !!!! c'est la course au profit !


On ne peut pas séparer les banques du reste de la société capitaliste : c'est une toute autre logique économique qu'il faut construire !


Prétendre que les banques ne prêtent pas aux entreprises et "ont une mauvaise connaissance du monde économique" est absolument FAUX et montrent la naiveté du CESER !! n'oublions pas que
l'industrie bancaire est une des rares à travailler AVEC DE LA MATIERE PREMIERE QUI NE LUI APPARTIENT PAS ...il s'agit de NOTRE EPARGNE !!!!


Privée ou nationalisée , la banque doit maitriser les risques ....d'où effectivement un besoin d'intervention des salariés , des clients ou des sociétaires ....c'est à dire finalement des
épargnants populaires qui fournissent la matière première !!!!!!!