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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 22:30
La monnaie est au carrefour des causes de la crise, comme des moyens de la combattre.
Les défis de la crise systémique au plan de la monnaie et du crédit dans l’UE :
Le pouvoir des banques de créer de la monnaie a été mis au service de la rentabilité financière. Résultat, les taux de profit des multinationales et des détenteurs de patrimoines financiers ont remonté ; l’emploi s’est précarisé : les salaires ont stagné ; les inégalités ont augmenté.
Et le déchaînement de la spéculation financière, a débouché sur des crises de plus en plus graves, jusqu’à celle qui provoque aujourd’hui la première récession mondiale depuis les années trente et relance le chômage massif. Ces tendances ont été aggravées dans l’Union Européenne par l’instauration d’une monnaie unique destinée à rivaliser avec le dollar dans l’attraction des capitaux mais aussi pour leur exportation, avec une Banque Centrale Européenne ayant une mission primordiale contre l’inflation, pour un euro fort et non pour la croissance réelle et l’emploi. La zone euro connaît des tensions graves, avec la montée des taux d’intérêt des emprunts publics de plusieurs pays et la pression à la baisse des salaires.
Face à la crise, on convient qu’il faut renforcer la surveillance exercée sur les activités des banques, des assurances, des fonds de placement, des agences de notation et d’agir contre les paradis fiscaux. Mais ni les gouvernements, ni les banques centrales ne font mine de s’attaquer à la source même du « cancer financier » : l’alimentation qui lui est apportée par le crédit bancaire favorise les placements les plus rentables. Refinancer massivement les banques – comme le fait aujourd’hui la BCE – sans rien faire pour changer les critères d’attribution de leurs crédits ne peut que créer les conditions d’un nouveau détournement des financements vers les placements spéculatifs. Il n’y aura pas d’issue à la crise si des pouvoirs aussi importants que celui de créer de la monnaie et de choisir les projets à financer restent monopolisés par une petite caste toute dévouée aux capitaux financiers.
Il faut d'autres critères de refinancement des banques par la BCE et le système européen de Banques centrales.
 - La Banque européenne d’investissements (institution publique des États de l’Union) est sollicitée pour soutenir les PME européennes par des crédits bonifiés. Mais ses moyens d’action sont limités à des emprunts sur le marché financier. La Banque centrale européenne doit contribuer à une autre relance par une politique monétaire sélective et non par un simple abaissement de ses taux d’intérêt
- Si les banques développent des crédits favorables à l’emploi et au développement des territoires (par exemple des crédits bonifiés par des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, ou des crédits soutenus par un pôle financier public national ou par la Banque européenne d’investissements), la BCE doit les soutenir. Elle doit refinancer les crédits pour les investissements réels, matériels et de recherche, avec des taux d’intérêt très abaissés, voire nuls ou négatifs (un taux négatif signifie qu’une partie des crédits ne serait pas remboursée), d’autant plus abaissés que sont programmés et vérifiés de bons emplois stables et de bonnes formations
- En revanche, la BCE doit refuser de refinancer les crédits qui vont aux fonds de placement, aux fonds spéculatifs, aux placements financiers des multinationales et aux exportations de capitaux. Ou bien ce refinancement doit utiliser des taux dissuasifs. Un usage sélectif des réserves obligatoires imposées aux banques peut les dissuader des placements financiers et inciter à l’emploi et la croissance réelle. Une redéfinition des réglementations des institutions financières (ratio prudentiel dit de « Bâle 2 » pour les banques, directive « Solvabilité 2 » des compagnies d’assurances) peut les inciter à privilégier, non pas les placements les plus rentables et risqués, mais ceux qui sont les plus efficaces socialement.
Chaque banque centrale nationale du système européen des banques centrales a la possibilité, comme la Banque de France avec ses succursales départementales, de connaître les conditions de financement des entreprises. Pour une politique de sortie de crise, visant à sécuriser l’emploi et la formation pour une croissance durable, en faisant avancer des critères de gestion d’efficacité sociale et en faisant reculer la rentabilité capitaliste, l’action de la BCE et des banques centrales devrait opérer en concertation avec l’ensemble des acteurs parties prenantes : banques, chefs d’entreprises, administrations économiques comme l’INSEE et le ministère des Finances, mais aussi les élus locaux, les syndicats et les représentants des salariés dans les comités d’entreprises et dans les services publics.
Les luttes pour d’autres politiques bancaires à l’appui des propositions des salariés iront dans le sens d’une modification des traités pour réviser le statut et les objectifs de la BCE, et pour instaurer, afin de la contrôler, de nouveaux pouvoirs des élus (Parlement européen et nationaux) et des représentants du monde du travail, (depuis les comités d’entreprise jusqu’au Comité économique et social européen.
Il faut une autre création monétaire du plan européen au plan mondial pour une autre civilisation.
Les États et les collectivités locales aussi ont besoin du soutien de la politique monétaire. La Federal Reserve des Etats- Unis et la Banque d’Angleterre sont sollicitées pour acquérir des titres de la dette publique, tandis que cela est interdit pour la BCE, au détriment des besoins d’expansion des services publics.
Un Pacte européen de progrès social devrait remplacer le "pacte de stabilité ", tandis que l’Eurosystème pourrait acquérir des titres de dette des États ou des collectivités territoriales, pour les services publics. La réorientation de la création monétaire et du crédit est ainsi inséparable d’une autre politique fiscale et budgétaire. Une telle sélectivité du crédit, fondée sur les besoins de sécurisation de l’emploi et de progrès du modèle social favoriserait la solidarité entre les membres de la zone euro, et notamment avec les nouveaux membres de l’Union européenne, à l’opposé de la concurrence contre les salaires, la protection sociale, la fiscalité. Enfin, cette transformation de l’Union européenne doit s’articuler à une autre construction mondiale. Elle doit contribuer, avec les pays émergents, comme la Chine et les pays d’Amérique latine, à une refonte démocratique du FMI, émancipé de la domination des Etats - Unis.
Cela concerne tout particulièrement le remplacement du dollar, comme monnaie universelle de fait, par une monnaie véritablement commune, dont l’embryon existe avec les Droits de Tirage spéciaux du FMI ( droits de tirer des monnaies des pays participant recevant ces titres de tirage ). Cela permettrait une création monétaire pour refinancer les crédits pour la croissance réelle, l’emploi et la formation, ainsi que pour les services publics, en allant en direction de Services et Biens communs publics de l’humanité.
L’Unon Européenne est vraiment un échelon tout à fait stratégique pour de nouveaux pouvoirs en vue de mobiliser le crédit et la monnaie au service de la construction d’une nouvelle civilisation, du local au national et au mondial.

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Published by Michèle Leflon - dans Au fil des jours
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