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  • : Le blog de Michèle Leflon
  • : Michèle Leflon, communiste, Vice présidente du conseil régional de Champagne Ardenne, a créé ce blog pour crier son indignation devant le recul de l'humain, la casse de la planète et favoriser le débat pour une alternative politique vraiment à gauche. Ce blog, tout particulièrement tourné vers les Ardennes, en présente des informations alternatives.
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Vice-présidente du Conseil Régional de Champagne Ardenne, chargée de la formation professionnelle et de l'orientation

Membre du Conseil National du Parti Communiste Français.

Ancien médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Charleville Mézières.

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La nature dans les Ardennes

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 00:01
J'ai eu tout à l'heure un commentaire oral à mon précédent billet sur l'hôpital me faisant remarquer que Sarkozy avait au contraire très bien compris.
Et c'est vrai, mais j'avais voulu faire une réaction rapide, épidermique, à son discours de Strasbourg, tout en donnant quelques informations sur la situation carolomacérienne, alors que depuis Noël, je vous mijotte un long article sur la crise de l'hôpital et les conséquences de la marchandisation de la santé, mais il n'est pas encore tout à fait à point !
Car c'est vrai que comme à son habitude, N. Sarkozy va faire preuve de son intelligence diabolique et partir du malaise des personnels et de la désorganisation des hôpitaux pour mettre en oeuvre sa politique de casse de la richesse française et aggraver la situation des hôpitaux, car la seule chose qui l'intéresse, c'est ce qui peut rapporter de l'argent à ces amis patrons.
Contrairement à ce que dit N. Sarkozy, l'hôpital manque de moyens et c'est une des causes de sa désorganisation comme je l'explique dans mon précédent billet. Des remèdes existent :
- l'Etat doit arrêter de se financer sur la maladie de nos concitoyens : l'hôpital doit être exonéré de la taxe sur les salaires et remboursé de la TVA.
- Le financement par la tarification à l'activité doit être remplacé par un nouveau mode de financement permettant la réponse aux besoins des malades, au lieu de cette enveloppe fermée, votée chaque année, avec des tarifs qui baissent s'il y a plus de malades hospitalisés ou tout simplement si les personnels font un effort pour mieux noter l'activité faite. J'ai déjà expliqué dans ce blog les propositions des communistes pour accroître les ressources de la sécurité sociale : pour les retrouver, cliquez ici ou ici ou encore ici.
Mais N. Sarkozy sait (et c'est là que le titre de mon précédent article était très mauvais) que les personnels hospitaliers ont aussi conscience que la désorganisation n'est pas qu'une question de moyens et il espère s'appuyer sur cela pour faire passer sa réforme antidémocratique.
Et son remède risque, encore une fois d'aggraver le mal, car en fait, la désorganisation de l'hôpital est en partie liée au fait que le soin est devenu une marchandise. C'est cela que je vous expliquerai longuement dans l'article que je vous mijotte. En essayant d'en résumer rapidement les idées (et en espèrant malgré tout être claire), la marchandisation du soin a plusieurs conséquences, source de désorganisations :
- la relation soigné-soignant était une relation humaine, éventuellement teintée de paternalisme dans l'histoire. Elle est devenue une relation client-fournisseur avec un contrat et possibilité de poursuites judiciaires si le contrat n'est pas rempli, sauf que la guérison n'est pas toujours possible. Ceci entraîne, à la fois une dévalorisation des soignants, qui, à défaut d'être bien payés, trouvaient plaisir dans la relation humaine et ne trouvent plus aucun épanouissement dans la relation client fournisseur et des dysfonctionnements liés à la crainte de poursuites judiciaires.
- pour devenir une marchandise, le soin doit obéir à un processus de fabrication standardisé avec une division du travail qui a été précisée, l'établissement de protocoles (qui pourraient avoir l'effet bénéfique d'aide mémoire s'ils n'étaient que facultatifs) ...si ce n'est que le travail sur le corps humain n'est pas le travail sur le métal, que chacun est différent. La standardisation est devenue un frein aux réponses aux problèmes multiples que doivent résoudre les soignants, car les malades ne rentrent jamais tout à fait dans une case, avec des choses qui ne sont plus faites, car ce n'est pas dans le protocole ou avec une distorsion entre ce que le soignant pense bien de faire et ce que le protocole lui dit de faire, source de souffrance pour le soignant.
- enfin,
la mise en concurrence privé public, la privatisation rampante font intuitivement craindre aux soignants de l'hôpital public, qui étaient en dehors des processus de l'exploitation capitaliste, de faire partie, demain, de ceux dont le travail servira les intérêts des actionnaires. C'est un élément de plus du malaise !

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Published by Michèle Leflon - dans Santé
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